Les objectifs de la journée :
- Révision de la topographie.
- Marche sur dénivelé avec sac de vie 36heures.
- Elimination des effluves d’éthanol du Samedi soir.
Le risque des entraînements le Dimanche matin est qu’on a de grandes chances de perdre des effectifs à cause de la soirée précédente. Nono, malgré une solide formation, n’était pas prêt à lire
une carte et à affronter du dénivelé. Le troisième objectif était bien trop difficile pour lui.
Le programme :
Largage individuel en « Blind » au pied d’un massif forestier.
Regroupement en milieu d’après-midi au sommet.
On a laissé les treillis à la maison et revêtu une tenue passe partout. Seul les sacs à dos sont chargés comme pour les sorties.
Ayen est déposé en premier sur un petit chemin forestier. Il ne sait pas où il est.
Je lui donne la carte 1/25000ème de la zone. Il l’a range dans sa poche topo, il note sur un carnet l’heure de RDV : 1515. On procède à un dernier test radio.
- Des questions ?
- Aucune, c’est parti.

Je fais demi-tour en voiture pour déposer Vince et je vois dans le rétroviseur Ayen avec son gros sac partir d’un pas décidé vers la forêt. Je suis mort de rire et je m’arrête à moins d’un
kilomètre du lieu de dépose.
Vince me demande pourquoi je m’arrête mais il a rapidement la réponse à la radio :
-Ménat’ de Ayen.
-Ménat.
-Où est le lieu de regroupement ?
Il y a des dimanches matin vraiment difficile…
C’est maintenant au tour de Vince qui du coup, prend bien note de toutes les informations.
Ayen est déposé à proximité d’un lac mais il y en a plusieurs dans le secteur ce qui va fausser ses estimations.
Vince, lui, a plus de chance car une fois qu’il a prit un peu d’altitude il repère une ligne à haute tension et se localise rapidement.
Le hasard fera que les deux compères se rejoindront rapidement pour faire le reste du trajet ensemble. Ils progressent rapidement mais vont perdre du temps dans les derniers kilomètres pour
rejoindre le point de regroupement.
J’atteins le point de regroupement en premier à 15H00. J’ai l’avantage d’avoir fait plusieurs repérages des lieux.
Je suis rassuré d’avoir une liaison radio avec mes deux compères, ils ne se sont pas perdus mais les derniers kilomètres sont les plus délicats.
Il y a plusieurs ruisseaux à proximité et avec la neige qui a fondu dans la semaine, ils ont doublé de nombres et de volumes.
Le RDV doit avoir lieu au sud d’un lac qui est bien caché par la végétation.
Les garçons vont suivre plusieurs ruisseaux passants à proximité du lac sans le voir.
Le lac est gelé, il fait un froid de canard et je décide d’escalader un peu afin de saisir les rayons de soleil. Il est 16H00, assis sur mon promontoire, j’ai enfin le plaisir de voir dans mes
jumelles mes camarades. Le site est magnifique, j’observe Vince qui sort son appareil photo.
- Vince de Ménat’, si j’avais un L96 je ferais un carton.
Comme tout le monde est bien chaud, on décide de tenter le diable et de nous séparer à nouveau pour rejoindre une ruine sur le versant nord dans un secteur que je ne connais pas. Il reste deux
bonnes heures de jour, le point de regroupement est plus bas que nous. Les gars savent maintenant d’où ils vont partir et à marche forcée sans erreur de topo, ça devrait le faire. On planifie
quand même des procédures d’urgence.
Chacun part sur un versant de la montagne et moi je retourne à la voiture.
Je me dis que si la nuit tombe ils pourront se repérer à mes phares.
Arrivée au nord de la montagne, je laisse la voiture à l’entrée de la forêt et m’engage vers l’objectif. Comme je suis au pied de la montagne j’ai beaucoup de mal à repérer ce que la carte
indique comme une ruine. Je me demande si les gars me rejoindront avant la nuit. Je pense en particulier à Ayen qui a hérité de la partie la plus difficile niveau topographie puisque hors
sentier.
Je tente ma chance à la radio afin de savoir s’il est à proximité.
-Ayen de Ménat’.
-Ayen de Ménat’.
Il doit être encore loin.
-Ayen, j’ai un problème :
Tu savais qu’il n’y avait que 20% de lièvres et 1% de cognac dans les Terrines de Lièvre au Cognac des rations françaises ? C’est honteux.
Il y a en un qui est arrivé à l’avance au moins puisqu’il est en train de manger planqué face à l’objectif. Au suivant maintenant.
-Vince de Ménat’.
-Vince. Si j’avais un L96 je ferai un carton…
Il me tient dans l’objectif de son appareil photo.
La deuxième partie de la marche n’a donc posé aucun problème à personne, tout le monde est arrivé en avance cette fois. On revient vers la voiture.
Il est 18H20, la nuit tombe doucement, on prend un thé autour de la voiture le regard dans la vallée en contrebas. Les ruisseaux sont en crus dans les champs, la brume se lève, il n’y a pas un
seul nuage, il va faire très froid cette nuit. Il est temps de rentrer se mettre au chaud.
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