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Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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TECHNIQUE

Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 13:07

Le Systema : l'art martial « russe »

 

Nombreux sont ceux qui regardent le Systema russe (utilisé par les fameux spetsnaz) d'un œil plus que sceptique, ce qui rend des explications d'autant plus intéressantes. Je ne prétends pas connaître à fond ce sport de combat, ne le pratiquant pas moi-même en club ; mais gambadant souvent sur des tatamis et ayant cherché à étudier certains mouvements et techniques du Systema à titre personnel, j'ai pu commencer à me forger une idée, notamment en décryptant des vidéos sérieuses prises sur Internet. L'article qui suit ne propose donc qu'une ébauche personnelle de réponse aux nombreuses questions que se posent les amateurs de combat à propos du Systema russe. Pour l'historique complet du Systema, voir l'article sur Wikipédia, très bien documenté. 

- Le Systema ? Pfff ! C'est bizarre, on dirait du « n'importe quoi » et ça a l'air complètement farfelu !

Il semble qu'il faut admettre qu'un certain nombre de pratiquants se réclament du Systema de manière quelque peu autoproclamée, sans doute pour des questions de business ou de gloriole sur Internet. D'où un certain nombre de vidéos un peu bizarres ou incompréhensibles censées attirer l'internaute crédule.

Par contre, il est facilement démontrable que le Systema (le vrai), est efficace et fonctionne réellement. En effet, la mentalité russe est déjà très dure et très virile, et on n'imagine donc pas des Russes (des forces spéciales en plus) employer des techniques de combat de « fillettes ». D'ailleurs on ne verrait à travers le monde aucune Force Spéciale -quelle qu'elle soit- qui ne chercherait pas à utiliser une méthode de close-combat efficace ! Voilà pour le premier argument qui me paraît par lui-même convainquant.

 

Ensuite, il faut noter que le Systema a été développé par les scientifiques soviétiques au cours de la guerre froide et tenu longtemps secret (il était utilisé par les gardes du corps de Staline). J'imagine que cet apport scientifique servit essentiellement à étudier le corps humain : très certainement sur le plan moteur, avec l'exploitation des axes de rotation et des faiblesses musculaires du corps (blocage de muscles par pression), et avec l'amélioration de l'entraînement musculaire des soldats via des exercices de renforcement atypiques, mais très efficaces pour en avoir testés quelques uns ; de plus, cet apport a semble-t-il porté aussi sur l'étude de réflexes psychologiques naturels chez l'homme, afin d'en exploiter les bénéfices en combat au corps à corps : par exemple, une main ouverte approchée vivement et très près du visage permet non seulement d'aveugler temporairement l'adversaire, mais aussi de provoquer un mouvement de recul et donc de le déstabiliser. On peut pratiquer cette expérience -et d'autres- sur un cobaye qui ne s'y attend pas : il suffit alors d'observer son réflexe naturel de recul. C'est en réalité l'équivalent d'une feinte, qui doit amener le défenseur dans une position critique pour lui-même, mais exploitable par l'attaquant. Donc rien de très nouveau, sauf qu'il semble que les scientifiques russes ont poussé très loin et méthodiquement cette exploitation des réflexes, et je pense -c'est encore un avis personnel- les réflexes oculaires. C'est ce qui semblerait expliquer pourquoi certains pratiquants paraissent être entraînés vers le sol sans que leur adversaire ne les touche.

 

Enfin, la partie la plus sujette à caution et à prendre avec de très très grosses pincettes : les techniques spéciales du Systema, qui feraient appel à « l'énergie interne », comme dans les films de Kung Fu : marcher sur des braises sans être brûlé, techniques de casse spectaculaires, projection d'énergie interne vers l'adversaire (équivalent d'un coup de poing invisible ou du Kaméa méa de Dragon Ball Z !!!), torsion de barres de fer en les bloquant au niveau de la gorge (comme dans les démonstrations des moines Shaolin)... Faute de pouvoir les tester et de les démystifier, et bien que très sceptique, je me garderais cependant bien de me moquer de ces « techniques » qui sont effectivement présentées dans des vidéos par des spécialistes de la discipline. En effet, ce qui est certain en revanche, c'est que les Soviétiques tout autant que les Américains ont sérieusement cherché durant la guerre froide à savoir si ce type de capacités pouvaient exister. Leur idée folle était alors de former des « supers soldats » capables d'encaisser et de résister au-delà de la norme sur le champ de bataille. Il est probable que, d'un côté comme de l'autre, ce projet improbable ait surtout servi d'outil de propagande à l'encontre du camp adverse. Voilà, il me paraissait important de ne pas éluder cette réputation de « supers pouvoirs » qui colle à l'image du Systema, ce qui par ailleurs a au moins le mérite d'expliquer pourquoi tant de vidéos farfelues traînent sur la toile.
 

A gauche, le type chauve est un instructeur reconnu (j'ai oublié son nom), un véritable expert, ce qui rend assez difficile, comme je le disais plus haut, de critiquer sans ambages les « techniques spéciales » du Systema, telle que celle réalisée sur la photo (voir aussi la vidéo suivante ). 

- Sur les vidéos, les pratiquants de Systema semblent se laisser faire et ne pas réagir aux attaques... C'est donc du flan !

 

Deux choses : dans de nombreuses disciplines de combat, lors de démonstrations, les défenseurs prennent souvent la mauvaise habitude d'anticiper l'attaque de leur adversaire, tout simplement parce que le programme du « show » est évidemment préparé, et donc il n'y a aucune surprise ; ce genre de manque de réalisme n'est par conséquent pas imputable au Systema en particulier, mais peut s'observer dans n'importe quel style de combat. Par contre, dans le Systema les saisies au niveau de la nuque sont nombreuses, ce qui explique souvent l'impression de passivité : quiconque pratique une forme de jiu-jitsu ou de close combat, sait la fragilité des cervicales qui portent de plus le poids du crâne ; une fois mises en torsion, il est difficile de ne pas sentir une tension douloureuse à la moindre tentative de mouvement. Souvenez-vous de votre dernier passage chez l'ostéopathe, et comme vous ne faisiez pas le fier lorsqu'il s'apprêtait à vous faire craquer les vertèbres du cou ! Dans cette situation, bouger sans se faire très mal est impossible, ce qui contraint le défenseur à suivre le mouvement que lui intime son attaquant...   

 

 

Vous avez le choix entre vos parties ou vos cervicales... charmante technique !

 

- Franchement, le Systema, on dirait de la danse : ils ont les bras en l'air et ils font des pas sur le côté ! C'est de la valse... ou quoi ?

 

A titre de note, nombre d'Arts martiaux ont plus ou moins pour origine la danse justement... Bon, histoire mise à part, le Systema utilise beaucoup de changements d'axes du corps ce qui explique ce côté très fuyant par moment, lorsque le défenseur s'efface face à l'attaquant. C'est très utile, car dans leur immense majorité, les sports de combat n'utilisent que les attaques et les déplacements frontaux et rectilignes, c'est-à-dire en avant et en arrière, avec éventuellement quelques entrechats sur le côté (en boxe notamment). Les gens qui ne savent pas se battre et les animaux en général, utilisent ce type d'attaque très frontale et instinctive qui consiste à foncer directement sur l'adversaire. En choisissant de s'effacer latéralement, le pratiquant de Systema absorbe l'attaque adverse, puis contre-attaque. Une autre technique avoisinante, dans le Systema, consiste à accompagner le mouvement de l'adversaire par un « brossage » : par un mouvement sec on vient « brosser » le bras ou la jambe de l'attaquant (en général par le dessous), pour le ou la repousser derrière soi, dans le style d'un revers au tennis ; résultat : l'attaquant est entraîné en avant par son propre poids et chute... Une technique similaire est utilisée en boxe thaïe pour parer les low-kicks.

 

Quant aux bras très écartés et en hauteur, il s'agit d'une forme de garde (comme si les bras étaient une épée ou un bâton) qui permet de dévier et parer des attaques, mais aussi de saisir ou de frapper au niveau du cou, de la nuque et de la tête. Les mains ouvertes sont typiques des méthodes de combat qui cherchent à saisir l'adversaire : un poing fermé offre moins d'alternatives de coups, alors qu'une main ouverte permet aussi bien de frapper avec le tranchant (manchette), avec la paume, le revers de la main, de pousser, de piquer avec les doigts ou bien de saisir pour réaliser une clef ou un étranglement.

 

Pour terminer, mon avis personnel sur le Systema :

M'étant intéressé à ce sport de combat par pure curiosité, et par une certaine russophilie, j'ai une grande envie de continuer en club en espérant qu'il y en a un près de chez moi... J'ai été très favorablement impressionné par les techniques de désarmement, aussi bien contre arme blanche, que contre fusil mitrailleur ou pistolet. J'avoue que j'en ai essayées quelques unes avec un ami et j'y ai trouvé une véritable efficacité. Bien maîtrisées, ces techniques me semblent redoutables et pensées pour une efficacité totale (sans doute la touche des scientifiques !), surtout pour se défendre. Par contre, c'est plus technique et plus complexe à apprendre que le Krav Maga ; ce dernier étant fait pour être appris en un minimum de temps, ses techniques sont ultra simples, mais une bonne base en Krav Maga aide favorablement à comprendre le fonctionnement du Systema.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cet art martial russe, évidemment : travail d'encaissement des coups au sternum par l'utilisation de techniques respiratoires, puissance des frappes (qui elles aussi sont particulières), et apparemment usage de points de pression sur les muscles... La liste est longue et en dépit de mon intérêt nombre d'aspects de ce type de corps à corps m'intriguent complètement ! Avis aux amateurs qui pratiqueraient ce sport, je suis friand de détails !

Liens :

 

Site officiel Systema français 

Techniques « bizarres » (surtout à la fin de la vidéo), en russe ; à noter l'usage imaginatif de la sangle de Kalachnikov.

 

Site russe d'un instructeur très connu (Oleg Spector) avec un grand nombre de vidéos instructives

 

Vidéo « brossage », changement de l'axe du corps, saisies, clefs au cou... un bon panaché de techniques avec des ralentis.

 

Désarmement contre couteau
Par BOB FRENCH - Publié dans : TECHNIQUE - Ecrire un commentaire - Voir les 39 commentaires
Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 12:11

 Je tenais depuis quelques temps à aborder le sujet du motif de camouflage de la British Army, le désormais célèbre Disruptive Pattern Material (DPM), littéralement "tissu à motifs qui déroutent".

En effet, si les photos de SAS sont rares, certaines montrent les troopers fidèlement vêtus de leur camouflage national, en version tempérée (woodland) et surtout en version désert (vu l'actualité depuis 1991).

L'efficacité du DPM n'est plus à démontrer depuis sa "naissance" en 1968 et son adoption, l'année suivante, par l'armée britannique. Voilà donc 40 ans que le DPM accompagne les soldats de Sa Très Gracieuse Majesté aux quatre coins du monde.

Malgré quelques refontes, le camouflage, dans ses deux versions, est presque resté le même depuis le début. 
 

Son efficacité est incontestable et les forces spéciales ne se privent pas de l'employer, au Royaume-Uni, mais aussi en France, aux Pays-Bas et dans d'autres pays tels que la Russie (sous un autre nom toutefois).

Mais depuis 2002, un nouveau camouflage à la conception entièrement informatisée a fait son apparition: le Multicam, de la firme américaine Crye Precision.

Annoncé comme révolutionnaire, le Multicam est destiné à procurer à celui qui le porte un camouflage très correct sur la plupart des théâtres d'opérations, que ce soit le désert, la forêt, la savane ou la jungle.

Si la conception du DPM repose sur des motifs peints, impossibles à décrire, et qui décomposent la silhouette humaine, celle du Multicam se fonde sur la perturbation de l'œil (et donc du cerveau) humain, par une certaine fusion de couleurs remarquablement choisies.



Ce post n'a pas pour vocation de critiquer sans fondement tel ou tel camouflage, mais a pour but de comparer le DPM au Multicam, car de récentes photos attestent du port du Multicam par des Forces Spéciales britanniques, sans parler des Contractors, en Irak, et très certainement en Afghanistan.

 

Pourquoi comparer le DPM au Multicam?

 

Pour comparer le meilleur, tout simplement.

L'armée britannique est connue pour son pragmatisme, et cela se ressent aussi dans son camouflage.

Les amateurs de camo le savent, ainsi que les reenactors tels que mes fellow troopers du monde du 22sas12, sans parler des FS, bien sûr. Le DPM est le meilleur camouflage disponible pour le milieu tempéré, malgré son âge et la concurrence féroce. Les couleurs sont justes et surtout le motif, qui fait sa force et son incontestable efficacité. Nombreux sont les camouflages performants, notamment les récents pixélisés, mais l'effet et le rendu ne sont jamais aussi bons (voilà, entre autres, pourquoi l'armée brit n'en a pas encore changé).

 

Le Multicam semble venir bouleverser la donne, par son aspect et sa conception particulièrement complexe. Très prisé des FS, des contractors et du monde de l'Airsoft, ce camouflage est pressenti comme le futur camouflage de l'armée US, en particulier de ses FS. Dans certains milieux, on ne jure plus que par le Multicam, d'autant plus que c'est un camouflage très esthétique (notion quelque peu antinomique toutefois pour un camouflage...).

 

Voici donc un comparatif réfléchi et neutre de ces deux camouflages. Personnellement, j'utilise les deux à parts égales, pour mes activités favorites: l'observation et l'espionnage animalier.

Comment comparer le DPM au Multicam?

 

De la manière la plus pratique et neutre qui soit.

 

Je suis parti en randonnée (chez moi, dans le Mercantour) avec un ami, et chacun portait son camouflage. Moi en DPM et mon pote en Multicam.

Ma veste est une chemise "temperate combat shirt, woodland", DPM Soldier 95, déjà bien portée, constituée de polycoton (65% polyester/35% coton), un excellent tissu confortable, solide et séchant vite. C'est le modèle réglementaire de l'armée Britannique (c'est dire).

La veste de mon pote est une Army Combat Shirt de la firme américaine Propper, en camo Multicam original, 50% nylon, 50% coton, tissu apparemment indestructible, mais plus rêche et moins confortable que la veste en DPM. Veste achetée neuve mais déjà bien portée et lavée. Les satanés velcros chers à l'armée US ont été retirés pour plus de discrétion.

 

Les photos que vous allez voir ont été prises de la même manière exactement, pour le DPM et pour le Multicam. Ce que vous voyez est simplement un "trucage" plutôt grossier, je vous l'accorde, mais suffisant, qui consiste à "découper" une veste pour la "coller" à côté de l'autre.

 

Important pour la neutralité du test, et j'insiste là-dessus, les deux camouflages ont été photographiés au même endroit et sous la même lumière, chaque fois à la même distance pour la même situation, entre 5 et 20 m. Les photos "truquées" sont donc valables.

 

Pour éviter une surcharge de photos au blog, j'ai simplement découpé une veste pour la coller sur la même photo que l'autre veste, faisant d'une pierre deux coups. Et pour un meilleur rendu, j'ai fait disparaître nos visages et nos pantalons en collant des morceaux de décor pris sur le contour direct de la veste. Ce qui n'a aucune incidence sur l'objectivité du test.

 

Sur les photos, regardez en détail les camouflages, mais regardez aussi les points rouges aux quatre coins, qui vous permettent de vous rendre compte de leur efficacité réelle dans leur environnement et quand vous ne les regardez pas directement.

 

Les photos sont brièvement commentées, notées comme un match entre deux joueurs.

 

Comparaison sur fond végétal total (gros roncier), hors couvert, avec soleil naissant, de face.

Le DPM l'emporte, par son motif brisant et surtout ses couleurs. Le Multicam est bien trop clair et pas du tout disruptif.    

DPM 1-MCam 0

 

Comparaison sur fond de mur de pierre (valable pour la plupart du bâti en général). Le Multicam l'emporte, car les couleurs fusionnées du motif sont quasiment celles du mur derrière, aussi variées et mêlées. Les plis du vêtement créent des ombres suffisantes pour briser la silhouette humaine déjà très bien fondue. Le DPM est là, un peu trop sombre, et l'aurait emporté s'il avait été sur le toit herbeux...

Quand on regarde les points rouges, la veste Multicam disparaît du décor...

DPM 1-MCam 1

 

Comparaison sur fond de pelouse alpine mixte parsemée de rochers, en lisière de forêt. Faible soleil du côté droit.

Le Multicam l'emporte, grâce à ses couleurs équilibrées entre les rochers et la pelouse alpine. Les décors à grande surface, sans ombre, sont à l'avantage du Multicam.

Le DPM l'aurait emporté 15 m en arrière...

DPM 1-MCam 2

Comparaison sur fond d'écorce de pin sylvestre. Faible lumière solaire du côté gauche.

Là encore, les couleurs du Multicam font la différence, contre le tronc de l'arbre.

Mais un jugement objectif tient compte qu'on se déplace entre les arbres.

Le DPM l'emporte entre les arbres, le Multicam contre...Match nul.

DPM 2-MCam 3

 

Comparaison sur fond de paroi rocheuse piquée de buissons. Soleil voilé.

On remarque que le Multicam a quasiment l'aspect du rocher. Cependant, la couleur Tan du DPM ainsi que son taux élevé de vert feuillage lui permettent de se fondre entre la roche et les buissons de la paroi.

Le parfait camouflage dans cette situation serait un panachage des deux camo.

Là encore, match nul, même si la raison donnerait le Multicam vainqueur, par son spectre des couleurs plus étendu et donc, sa plus grande capacité à évoluer dans le décor.

DPM3-MCam 4

 

Multicam en sous-bois vert, typique des zones tempérées d'avril à septembre. Lumière faible de fin d'après-midi. Savant équilibre des couleurs du Multicam entre celle des troncs d'arbres, des pierres moussues et de la terre nue. Très bon rendu général, mais manque important et pénalisant d'effet disruptif. La silhouette n'est pas brisée. Une masse d'une couleur indescriptible apparaît, pouvant être confondue du coin de l'œil avec un rocher ou une souche. Mais attention quand on regarde droit dessus, en détail...


DPM en sous-bois vert, exactement au même endroit que la précédente. Au premier coup d'œil, le camouflage semble trop foncé, mais l'effet disruptif du motif et l'alternance clair-foncé l'emporte sur le rendu général du Multicam. Là, le DPM règne presque sans partage, parce que son motif, contrairement au Multicam, brise la silhouette humaine. L'observation du camouflage dans le détail a influencé ma décision.

DPM 4-MCam 4

Multicam sur fond de litière du sous-bois. Dominante marron-roux. Pas de lumière. Même problème que dans la précédente situation: les couleurs du Multicam sont les bonnes, mais l'effet non disruptif frappe durement. Le rendu général est toujours le même. Masse indescriptible dans les teintes du milieu, efficace dans l'immobilité, dangereuse dans la mobilité. La silhouette humaine n'est pas brisée au niveau même de la tenue. Il faut compter sur des éléments du décor pour y remédier.


 

DPM au même endroit que la photo précédente. Le rendu général du DPM dans son domaine sacré se passe de commentaire. Le porteur de DPM est presque invisible, à seulement quelques mètres. L'effet disruptif est à son paroxysme, renforcé par la justesse des couleurs. Fixez les points rouges avec insistance, le camo semble disparaître dans le décor.

DPM 5-Multicam 4

 

Les résultats du match

 

Aux points, le DPM l'emporte d'1 sur le Multicam, simplement parce que deux situations forestières ont été considérées. J'en conclue donc que ces deux camouflages sont aussi efficaces, malgré leurs grandes différences d'aspect, de conception et d'âge (donc, de contexte de création). Le Multicam a été pensé avec l'influence passive des futurs théâtres d'opérations au Moyen-Orient.

 

Ma conclusion

 

Cette conclusion est personnelle, n'engage que moi, au travers des images de ce test.

 

Le DPM est pour moi le meilleur camouflage en zones boisées.

J'en ai testé plusieurs depuis des années, du Centre-Europe Français aux Vegetato et San marco italiens, en passant par le Woodland US, le Tiger ou les camouflages à pois des pays germaniques.

En mileu boisé, végétalisé, il n'y a pas meilleur que le DPM britannique (il n'y a qu'à voir qui l'utilise...). Le Marpat US est très bon, mais n'a pas d'effet disruptif.

Briser la silhouette humaine et la gommer du paysage est la première vocation du camouflage vestimentaire.

Le DPM s'acquitte avec excellence de cette tâche dans sa version tempérée, mais aussi dans sa version désert, mais c'est bien dans sa version tempérée qu'il est indétrônable. Il est toutefois perfectible hors de son contexte, comme tous les camouflages à destination des zones boisées, mais il se défend bien une fois délavé.

 

Le Multicam est, quant à lui; le meilleur camouflage disponible pour les zones non boisées, peu ou pas végétalisées. Sa force réside dans son évolutivité, son pouvoir à passer d'un environnement boisé à une zone sans végétation avec succès, sans casse. Le Multicam est parfait, je le dis sans retenue, pour la montagne, où les versants alternent entre végétation et nudité rocheuse.

Il est un compromis idéal et jusqu'alors inconnu dans le domaine, pour qui opère dans un environnement très variable, comme l'Europe méridionale, les zones tropicales, semi-désertiques (Afghanistan et Irak). 

La faiblesse du Multicam provient justement de sa polyvalence. Il est excellent en milieu peu ou pas végétalisé, particulièrement le rocheux et l'aride, quel qu'il soit. Mais s'il trouve toujours une couleur pour se fondre dans tous les environnements, il est handicapé par certaines de ses autres couleurs alors: un peu trop jaune pour la forêt, un peu trop vert pour le désert et indiscret en sous-bois à cause de ses tâches blanches.

Comme il n'est pas disruptif, il est bien moins bon que le DPM en sous-bois. Le manque d'effet disruptif est typique des camouflages US, comme l'esthétique manifeste.

Enfin, le tissu employé (ny/co) pour la veste Propper ACU, s'il me semble indestructible (vraiment), brille bien trop à mon goût dans la pleine lumière.

 

J'en profite pour souligner aussi qu'il ne peut exister de camouflage universel, aussi vrai que les décors terrestres sont tous différents. 

 

DPM + Multicam ?

 

Oui et cent fois oui!

 

En tenant compte des qualités, des défauts et du spectre des compétences de chaque camouflage, on peut en déduire que l'association du DPM et du Multicam est plus que conseillée, et ce, quel que soit le milieu.

 

Amorcée en Irak en 1991 (patrouille B.2.0), assumée en Astan depuis 2002, le panachage des camouflages boisé-désert a prouvé son efficacité au combat.

 

Nous pouvons en déduire que le panachage des tenues DPM et Multicam nous procurera le meilleur des camouflages vestimentaires non 3D (ghillie suits).

 

Dans la logique des choses, il faut alterner intelligemment les deux camo.

Le plus raisonnable semble:

_ Chapeau multicam, plus clair que le DPM, car la tête est souvent à la hauteur de la ligne d'horizon et qu'elle doit briser les teintes de la veste au-dessous.

_ Veste DPM, le buste étant en priorité la partie du corps à "briser" et la végétation buissonnante et arbustive étant la plupart du temps à hauteur d'homme.

_ Pantalon Multicam. L'idéal serait un pantalon mixte: cuisses DPM et guêtres Multicam. Le camo plus clair doit toujours être porté en bas, été comme hiver, à cause des changements de lumière, mais aussi et surtout à cause de l'évolution saisonnière de la végétation. Les 30 premiers centimètres de la végétation changent moins que le reste, plus haut.

_ Equipements (gilets et vestes tactiques, etc...) en Multicam: sur une veste DPM, un kit Multicam apporte un effet tridimensionnel, comme des pierres au milieu de la forêt.

 

Le mélange des deux me paraît le meilleur compromis entre furtivité et pragmatisme.

 

 

Ce test est à présent terminé. J'espère qu'il permettra à qui le lira de comprendre mieux l'univers et les subtilités du camouflage et de tirer le meilleur de chaque camouflage.

Ce post s'adresse aux bêtes de terrain dont les membres du 22SAS12 et ses "fidèles" font partie. Il s'adresse aussi aux reenactors de tous horizons, aux airsofteurs passionnés et impliqués.

Il ne s'adresse par contre pas, et je mets un point d'honneur à le dire, à ceux qui l'utiliserait pour nuire à la Nature et notamment à la faune sauvage.

 

On ne se camoufle bien qu'en comprenant et qu'en respectant son environnement.

 

"Nul ne verra, nul ne saura"


Test et photos réalisé par "Le Phasme" en Mai 2009

Par LE PHASME - Publié dans : TECHNIQUE - Ecrire un commentaire - Voir les 98 commentaires
Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 13:08
Le vieil adage « tu vis avec ton sac, tu combats avec ton gilet et tu survies avec tes poches » est en partie vérifié.

Voici la composition de mon sac à dos pour un scénario "milsim" de reconnaissance et de renseignement sur 72 heures par mauvais temps. Le contenu peut changer suivant le caractère de la mission et la météo mais c'est une bonne base. Je transporte essentiellement l'eau, la nourriture et le kit bivouac.

Le contenu :


à gauche de haut en bas :
- affaires de rechange dans une poche étanche (chaussettes, sous-vêtement, masque de nuit)
- boite incassable (car je l'a met sur le poche frontale) avec le lot de piles, les batteries pour la radio, un accu supplémentaire pour l'AEG et un kit réparation.
- le sur-sac étanche camouflé pour le BFM

au centre de haut en bas :
- un grand kit médical et hygiène
- 24H et plus de nourriture
- une ration TTA 24H française customisée
- un matelas gonflable
- un sac de couchage, son sac à viande et son sur-sac étanche
- une bache épaisse OD pour le sol
- un basha DPM
- des poches poubelles épaisses pour protéger le tout

à droite de haut en bas :
- le kit bivouac (sardines, para corde et tendeurs)
- le sac d'hydratation 2 litres
- une pelle pliante

Il s'agit de matériel de confort, le nécessaire vital à la mission est transporté dans le gilet de combat et la smock. J'ai ma cantine, 24h de ration, deux gourdes ainsi que la gore-tex sur mon gilet et la smock.

Le contenant :



Mon sac trois jours BFM fabriqué par Camelback sans la sangle dorsale.
J'ai utilisé durant plusieurs années un sac bergen 100 litres qui permet un plus grand emport, on bénéficie d'une marge de manoeuvre par exemple, si on doit vider le camp de base rapidement, on peut tout fourrer à l'intérieur ce qui n'est pas le cas du BFM où tout doit être bien rangé pour gagner de la place. Cependant le BFM est mieux conçu, il est plus léger, son port est agréable, il est donc parfait pour ce genre de mission. Pour le transport d'outils ou de munitions, il faudra quand même voir plus grand. 

Le contenu dans le contenant :

Je suis autonome pour une durée de 72 heures voir plus avec un poids de 12 Kg.


La pelle et le sur-sac camouflé sont situés dans les poches latérales pour un accès rapide, de plus une fois sale et mouillés, ils ne souilleront pas les autres affaires. Le basha DPM, qui est la première chose que j'installe pour mon bivouac, est dans la poche frontale inférieure pour les mêmes raisons. Sur la poche frontale, je mets le nécessaire d'entretien et les piles dans une boite incassable. Il me reste de la place que j'utilise comme fourre-tout. 
Dans le sac, de bas en haut, je met la bâche, le sac de couchage qui sera compressé par le poids des ration et du kit médical. Le sac étant légèrement pyramidal, je complète les espaces avec le kit bivouac et au dessus le matelas gonflable que j'aurai préféré mettre en dessous mais je n'ai pas la place.
Il y a beaucoup de rangement dans le sac BFM mais je ne l'ai utilise pas, je préfère les boites en plastique car elles sont étanches, solides et on voit ce qu'il y a à l'intérieur.
Je consomme en priorité l'eau et la nourriture du sac gardant ce que je transporte sur moi pour les coups durs.



On est loin des "frigos" transporté par les SAS, il s'agit simplement de matériel pour un bivouac "milsim" confort.
On organise au mieux le contenu avec le reste du groupe, je peux par exemple remplacer mon basha ou ma bache pour un monoculaire puissant, puisque j'ai pris une pelle, mon binome prendra la scie pliante etc etc.
Par MENATOR - Publié dans : TECHNIQUE - Ecrire un commentaire - Voir les 70 commentaires
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