Test du MULTICAM® en milieu forestier tempéré
Testing the MULTICAM® in temperate woodland areas
A sa naissance en 2002, Crye Precision a annoncé avoir créé un camouflage révolutionnaire, entièrement conçu par ordinateur, susceptible de fonctionner efficacement dans tous les milieux.
Avec l'adoption, quelques temps plus tard, de l'ACUPAT par l'US Army, nous avons pu voir les limites des camouflages dits "universels". L'ACU est en effet un mauvais camouflage, dans tous les
milieux, pour la simple raison qu'il constitue une véritable hérésie dans le domaine, tant par le choix des couleurs, que par l'absence totale de motifs disruptifs.
Le Multicam est cependant très différent et cette différence a su s'imposer dans le milieu de l'élite militaire. D'abord adopté par les contractors et les unités spéciales des armées
occidentales, en Irak et en Afghanistan, le MCam a convaincu récemment, à la surprise générale, l'armée Britannique.
Connus pour leur légendaire pragmatisme, les Britanniques ont fait le choix d'opter, en 2009, pour une version "British" du MCam, le Multi terrain Pattern. Si l'on convient aisément de ce pragmatisme et du besoin d'être plus efficace sur
un théâtre afghan très varié, on peut également concevoir que l'état major Brit a succombé à quelques pressions bien placées. Le DPM, malgré son efficacité indétrônable en milieu tempéré, a
trouvé ses limites, très loin de son contexte d'emploi, et le panachage désert/tempéré, parfois très efficace, a lui aussi trouvé ses limites, par la simple complexité (pardonnez l'oxymoron) de
l'environnement afghan. Et la volonté de quelques uns de donner au trooper anglais l'allure d'un soldat du 21ème siècle a définitivement scellé le sort du DPM, au point de le faire disparaître
des étagères britanniques à l'échelle globale…
Le Multi Terrain Pattern est donc une variante britannique du Multicam de Crye, avec un motif légèrement différent, suffisant, dit-on, pour identifier un soldat de soldat de Sa Très Gracieuse
Majesté®.
Gagne-t-il en efficacité par rapport au MCam? C'est très peu probable.
Pourquoi tester le MCam en milieu forestier tempéré?
Encouragé par le choix de l'armée Brit de délaisser le légendaire DPM Woodland (je ne m'en suis toujours pas remis), j'ai décidé de jouer les mouches du coche en testant le MCam uniquement en
milieu forestier, parce qu'il va dorénavant prendre la place du DPM, roi dans le domaine, jamais détrôné à ce jour, malgré l'excellence de certains prétendants, comme le Flecktarn, le Cadpat, le
Marpat, les camo finlandais ou certains camouflages russes de sinistre mémoire (Partizan).
Cédant aux sirènes populistes, j'ai été pris d'un accès de fièvre testeuse. Et c'est la bave aux lèvres que je me suis rendu en forêt, mon "cobaye" sous le bras, pour tester à fond le MCam sous
la fraîcheur des frondaisons de juillet. "Ah, ils veulent remplacer le DPM, et bien on va voir ce qu'on va voir…"
En 2009, j'avais publié le test "DPM vs Multicam", histoire de comparer les deux camouflages les plus utilisés chez les FS brits du
moment.
Un match nul en était ressorti, fort décrié, convenons-en, mais justifié. Le DPM l'emportait en zones végétalisées, le MCam en zones rocheuses et très peu végétalisées (arides). Que ça plaise ou
non à certains, le test se voulait objectif, et le résultat l'a tout autant été.
Nouvelles mœurs, nouveau test
Ce nouveau test, avec plus de 20 photos, a eu pour but réaliste et pragmatique de tester l'efficacité du phénomène MCam/MTP en milieu forestier tempéré, pour deux raisons:
_ montrer la pertinence de l'état major britannique de délaisser le DPM à l'échelle globale et de voir ce que cela donnerait si les troopers de l'Army ou les GI's américains venaient à être
engagés dans un conflit en milieu européen ou équatorial. Au cas échéant, ils devraient donc se contenter de solutions pragmatiques (autrement dits de compromis comme le MCam/MTP) plutôt que camo
réellement adaptés, comme le DPM ou le Woodland.
_ Prendre les concepteurs du MCam et du MTP au pied de la lettre, en testant à fond leur camouflage universel multi-terrains dans un milieu loin des influences du moment. Convenons-en, la vision
de Crye Precision est celle de leur sphère d'influence, à savoir américaine, et donc, leur camouflages sont très orientés "War on terror", donc, Proche et Moyen-Orient. Si des zones vertes sont
présentes en Irak et en Astan, on est quand même loin des forêts primaires de Pologne.
Mais dans quels mois, toute l'armée britannique sera équipée de pied en cap du MTP et L'US Army risque fort de suivre, si les concepteurs de camo réglementaires s'entêtent à sortir des pyjamas à
motifs psychédéliques pour leurs soldats. Et que se passera-t-il si la Véruquie décide d'agresser la Bubonie et que ce conflit pousse les armées occidentales dans la guerre?
Les soldats vêtus de MCam seront-ils assez discrets pour se fondre dans les forêts tempérées sans risquer de servir de cibles de zérotage à des fusils hostiles?
LE TEST
Profitant d'un congé dans ma verte vallée italienne, j'ai pu mener mon test en milieu tempéré, dans les différents environnements qu'offre la forêt européenne:
_ Friches vertes,
_ litières rousses,
_ chemins forestiers ouverts à fond mixtes,
_ futaies caduques claires (bouleaux et frênes),
_ futaies caduques sombres (hêtraies),
_ futaies persistantes (épicéas),
_ ripisylves et abords rocheux des torrents,
_ zones de transition: entre plantes vertes et litière rousse, et entre ombre et lumière.
J'ai essayé de varier les situations et de ne pas avantager ni désavantager le MCam lors des prises de vues.
Les photos
Pour ce test-là, les photos ont été réalisées avec un boîtier reflex, réglé à 100 ISO et un objectif bloqué sur une focale 50 mm, c'est-à-dire correspondant à la vue humaine. Les photos ont été
faites sans aucun filtre, ni UV ni polariseur et aucune retouche informatique n'est intervenue.
La distance de prise de vues était de 10 à 12 m, pas plus, car au-delà, l'absence de motifs disruptifs du MCam annule l'effet du motif général et donc, le micro motif (micro pattern) devient une
dominante, comme les couleurs tendances du moment (OD, Tan et Coyote). C'est étrange, mais c'est un fait. Comme le camouflage vestimentaire plat (pas 3D) est avant tout un motif, je me suis
intéressé à son efficacité réelle, à une distance où il reste encore visible.
Notons que pareil phénomène touche tous les camo micro-pattern, comme le Flecktarn et tous les digicam. Seuls quelques camouflages (non digitaux), des camo à macro pattern, gardent leur motif
visible à moyenne ou longue distance: les DPM, le M90 suédois et oh surprise, le Centre-Europe Français (qui lui, est inefficace à courte distance parce que ses motifs sont trop gros et trop
grossiers).
Comme lors de mon précédent test (DPM vs MCam), j'ai collé sur chaque photo, une pastille rouge à chaque angle, histoire de détourner le regard du motif lui-même. En effet, si vous regardez
directement le motif, vous apprécierez moins son efficacité et la photo en situation perdra de sa force. De toutes manières, en situation réelle, si des yeux se posent sur le porteur du treillis,
c'est la fin des haricots.
Tout porteur de camouflage est censé réchapper au regard de l'adversaire. Il doit donc être capable de se fondre dans le décor au point de ne pas accrocher un regard hostile.
Voilà l'intérêt des pastilles rouges. Tester l'efficacité du camouflage dans votre vision périphérique, c'est selon moi ce qui a le plus d'intérêt dans un test de camo vestimentaire 2D.
Passée l'étape des pastilles rouges, vous pourrez donc mesurer l'efficacité du MCam en plein dans votre vision centrale.
Avant de commencer, il est utile de préciser que j'ai réalisé moi-même les photos, entre 15 et 17 h, moment où la lumière est particulièrement blanchâtre, au mois de juillet. Les zones d'ombres
sont peu denses et les zones de lumière, très blanches. L'éclairage est plat (en termes photo) et donc, plutôt neutre, ni froid ni chaud.
La veste et le boonie hat utilisés pour le test sont de marque Propper™ acquis chez Pointbreak, en Nyco (50% nylon/50% coton); très solide, mais plutôt craquant et ayant tendance à luire un peu
en pleine lumière à cause du nylon. Un test avec un produit 100% coton ou polycoton serait envisageable ultérieurement.
Enfin, n'ayant pas de pantalon MCam, j'ai testé avec une couleur se rapprochant au mieux du MCam: le Tan de chez Arktis™, merveille de coloris reçu via Terrang. Je vous laisse juge de
l'efficacité du Tan, qui vaut bien celle du Multicam, sans l'aspect militaire…
Le panachage ne nuit en rien à l'efficacité du test. Si vous trouvez cela insupportable ou hérétique, cachez le pantalon avec votre doigt sur les photos, où envoyez-moi un pantalon en MCam…
lephasme@22sas12.com
Je commenterai simplement l'environnement des photos et le type de lumière. Je vous laisse seuls juges de l'efficacité du MCam.
Chemin forestier ouvert; frênes, noisetiers et châtaigniers. Lumière indirecte filtrée par la canopée, depuis l'angle supérieur droit.
Sous le talus inférieur du chemin; même flore et même lumière.
Sous le talus inférieur du chemin; même flore et même
lumière.
Fin et ouverture du chemin forestier. Etage buissonnant; framboisiers, noisetiers. Lumière dans le dos, bien diffusée par réflexion indirecte.
Plein centre d'une piste forestière; zone d'ombre. Lumière arrivant de l'angle supérieur droit. En pleine lumière, le rendu des deux motifs et coloris (Tan et MCam) est identique, à savoir blanc
crème, exactement comme la terre en plein soleil).
Sous les épicéas. Lumière dans le dos.
Ripisylves de noisetiers et rives pierreuses d'un torrent. Lumière dans le dos, adoucie par les frondaisons.
Zone (ingrate) de transition entre ripisylve, pierres et zones vertes sur fond de forêt d'ombre. Lumière arrivant de l'angle supérieur gauche; réflexion oblique directe sur le tissu (stature
verticale). Erables, frênes et plantes vertes buissonnantes.
Ripisylve de frênes et de noisetiers. Lit pierreux. Lumière indirecte filtrée arrivant de l'angle supérieur droit.
Envers du décor sur fond de végétation exclusivement verte: noisetiers, framboisiers et pétasites. Lumière directe sur le dos, réflexion maximale due à la stature courbe.
Arrivée dans la forêt d'ombre. Lumière arrivant par l'angle supérieur droit, très diffuse et filtrée par la canopée. Essence majoritaire: hêtres. Verso du modèle
exposé à la lumière diffuse.
Mêmes conditions et même lieu, mais l'appareil photographie le modèle au recto. La lumière est diffuse au point d'éviter au modèle de générer sa propre ombre et de
créer un contre-jour.
Allongé dans une tâche de verdure avec fougères. Lumière toujours très diffuse et filtrée arrivant de l'angle supérieur droit.
Environnement de hêtres. Le modèle est encore plus exposé à une lumière directe, mais très diffuse car filtrée par les feuillages.
Environnement mixte de frênes et de noisetiers. Lumière directe non filtrée arrivant de l'angle supérieur droit.
Même lieu, mêmes conditions, sauf que le modèle est passé dans une zone de lumière filtrée (pas véritablement une zone d'ombre, car le contraste n'est pas assez
dense).
Cas de figure imposé par le photographe: entre ombre et lumière. Environnement mixte de feuillus et strate herbacée à fougère. Lumière mixte (directe et filtrée)
arrivant pile dans le dos du modèle.
En pleine hêtraie, sur fond de litière rousse. Zone d'ombre; trouées de lumière provenant de l'angle supérieur gauche.
Mêmes conditions mais silhouette ramassée, donc le modèle est encore moins exposé à la très faible lumière diffuse.
Zone de transition très ingrate, entre ombre et lumière, et pleine forêt et pleine verdure. Effet "miroir" de chaque côté du modèle. Lumière diffuse arrivant de
l'angle supérieur droit.
Le motif en "gros plan", sur un chemin ouvert, dans un environnement de feuillus mixte et de plantes vertes. Zone d'ombre peu dense, lumière directe lointaine
(réflexion directe sur la colline d'en face).
MES CONCLUSIONS A L'ISSUE DU TEST
Cette séance de prises de vue du MCam en situation uniquement forestière a achevé de me convaincre de la réussite de ce camouflage.
Il n'est pas seulement beau, il fonctionne bien; très bien, même. Ce n'est pas qu'un effet de mode. Son emploi se
justifie pleinement pour des opérateurs civils ou militaires amenés à changer plusieurs fois d'environnement dans la même journée.
LE RENDU GENERAL
Comme on a pu le voir en beauté sur la photo 21, les couleurs s'adaptent vraiment très bien à l'environnement forestier européen, par un effet de fondu savamment
réalisé qui estompe les zones de transition entre les couleurs et donc, trouble l'œil humain qui peine à les distinguer.
L'aspect pourtant jaunâtre du MCam en plein soleil est réversible en pleine ombre. Le MCam devient marron-rosâtre sur fond de feuilles mortes ou de terre, à
l'ombre (photos 2, 5, 12, 18 et 19). En zone verte, il tire efficacement sur le vert (photos 4, 13 et 16).
On a pu le voir, même si ce n'est qu'une confirmation, qu'il excelle en environnement pierreux (photos 7, 9 et 12). Là, il "vire" au brun jaunâtre et retrouve la
gamme de couleurs qui est sa destination première.
Le choix des teintes de "relief", blanc et bois brûlé, est judicieux, car elles sont omniprésentes dans un environnement végétalisé. Elles prennent pleinement
effet dans le jeu d'ombre et de lumière typique de la forêt (photos 1, 3, 16, 17 et 21).
Le rôle du Multicam est presque parfaitement rempli. S'il n'est pas meilleur que le DPM en pleine forêt (puisqu'il n'a pas cette prétention), il réduit
considérablement la signature visuelle de celui qui le porte, dans cet environnement si sélectif.
Il ne rend pas invisible (le DPM non plus), mais permet à un opérateur de se fondre très efficacement dans tous les milieux, et on l'avait déjà constaté dans le
test précédent qui l'opposait au DPM Temperate Woodland. Il est moins spécialisé, mais plus versatile; largement plus.
Je le dis sans prendre de risque, il est un des camouflages les plus pertinents et les mieux conçus depuis la création du camouflage, avec les DPM Britanniques,
les eichenlaubmüster allemands et, dans une moindre mesure, les "Jelly Beans" australiens (inspirés des camo US de la Guerre du Pacifique).
Mais, et parce qu'il y a un mais…
Si j'ai écris précédemment que le rôle du MCam est presque parfaitement rempli, c'est que tout n'est pas
complètement abouti non plus, dans la création de Crye Precision.
Il y a deux points noirs que je souhaiterais soulever ici et qui, je crois, ont leur importance. Encore une fois, cela n'engage que moi. Vous pourrez néanmoins
vérifier mes propos sur le terrain.
_ Premier point noir: il n'est pas disruptif. Pas du tout. Il ne brise pas la silhouette humaine,
comme le ferait un macro pattern (CE, DPM, M90). Ces motifs sont trop petits pour cela; c'est aussi le cas du MARPAT, du CADPAT et toute cette lignée néotronique de camouflages.
C'est une des raisons pour laquelle (avec aussi l'emploi de tissus nylon luisants) le MCam perd de son efficacité lorsqu'il est exposé en pleine lumière sur fond
de végétation (photo 8, 10, 15 et 17). Le cas de figure posé par la photo 17 montre bien le problème induit par la pleine lumière, qui est aussi celui de l'écorce devant le modèle. La
teinte uniforme du hêtre et celle à micro motifs du MCam réagissent de la même manière, parce qu'elles n'ont aucun pouvoir disruptif.
C'est là la grande faiblesse du Multicam, qu'il compense par sa versatilité assez déroutante et son orientation conceptuelle vers telle ou telle dominante de
l'environnement.
Attention néanmoins, à cause de cette mauvaise réaction à la pleine lumière, lorsque vous basculerez d'un milieu à un autre, comme d'un adret à un ubac. Les zones
de transition (écotones), sont parfois aussi délicates à gérer qu'un pet dans une soirée mondaine.
Exemple: vous dévalez un versant sud (adret) sec et rocailleux, pour remonter sur un versant nord (ubac) couvert par une sombre forêt de sapins. C'est le cas, là
où j'habite. Avec le MCam, vous serez efficace en pleine lumière sur l'adret, parce que les teintes brun-jaune du camo feront leur travail. En ubac, dans l'ombre, les teintes marron-rose et les
touches de vert prendront le relais. Mais entre les deux versants, il y a un torrent étouffé par des noisetiers ou des aulnes, et une belle frange de verdure (fougères, pétasites) de chaque
côté. Le lit du cours d'eau est bien éclairé par le soleil d'après-midi. Revenez un instant sur les photos 8 et 10 pour bien apprécier la situation, qui est très courante en milieu montagneux
(n'y est-on pas engagé en ce moment, d'ailleurs?).
L'absence de motifs disruptifs créé un effet "placard", une grosse tache claire sans profondeur ni relief, bien reconnaissable (car d'aspect artificiel) et bien
choquante dans un environnement naturel, d'autant plus décelable si elle bouge… (c'est un élève de l'Ecole d'Espionnage Animalier qui parle, là…).
Dans une moindre mesure, si le MCam n'est pas pris sous la lumière directe, mais bien exposé à une lumière diffuse (photos 11 et 14), il aura un aspect grisâtre ou
vert-de-gris, mais toujours un effet "placard".
C'est là une réalité à prendre en compte, à cause de l'absence de motifs disruptifs.
_ Deuxième point noir: l'aspect linéaire de ses motifs de "relief" (photo 2 et 21). C'est le même problème pour le Marpat, ainsi que pour notre
Centre-Europe national.
Pour un œil avisé, c'est-à-dire rompu à l'observation de la nature, l'effet linéaire est rarissime. Voilà pourquoi Flecktarn et DPM sont si efficaces dans la
forêt, parce qu'ils ont un aspect enchevêtré, brouillon, ni vertical ni horizontal. Exactement comme une végétation touffue ou un fond de végétation plus clairsemée.
Cet aspect linéaire est un inconvénient à prendre en compte en forêt de feuillus, car les branches et les feuilles s'entremêlent, partant tous azimuts à la
recherche de lumière. Cependant, cet effet est bien moindre en forêt de conifères (comme sous les épicéas de la photo 6), car ce type d'arbre est en général bien plus géométrique, symétrique et
linéaire que les feuillus.
Le Multicam aurait peut-être pu gagner en efficacité si son aspect eût été moins linéaire.
Ces deux défauts ne sont pas mineurs, surtout s'ils sont relevés par celui qui recherche votre présence. Souvenez-vous que tous les soldats ne sont pas des
citadins à la base et que certains ont grandi dans la nature et savent très bien dissocier le naturel du pas naturel.
Voilà pour ce test. Si vous évoluez dans un environnement très varié, comme la montagne ou le milieu méditerranéen, le Multicam est fait pour vous. Si vous
n'évoluez qu'en forêt, restez sur du spécialisé, comme le DPM (dépêchez-vous de stocker), le flecktarn ou le Marpat. Si vous n'approchez pas votre "cible" à moins de 100 m, vous pouvez même
céder au Centre Europe. Pareil pour les zones désertiques, prenez du camouflage désert.
Le Multicam est un excellent généraliste, qui nous réconcilie avec le concept de camouflage universel. Il nous fait oublier l'hérésie médiocritique qu'incarne à
lui seul l'ACU américain (qui marche en revanche très bien sur les fonds marins océaniques).
En pleine lumière, il est à employer en zones arides sans verdure ou
très peu végétalisées, en pelouse alpine et sans retenue dans les zones rocheuses. Sa conception ayant été influencée par les zones semi-désertiques et rocailleuses des théâtres de la
Guerre contre le terrorisme, il donnera, dans ces milieux ingrats, entière satisfaction.
Dans l'ombre, la forêt et les milieux verdoyants s'ajoutent à sa
liste de compétence. Mais éviter de trop vous découvrir. Le Multicam perdrait de sa force. En zone très végétalisées, comme les Dragons du 13, le MCam doit demeurer dans l'ombre.
Un dernier clin d'œil phasmique pour la route…
Je me suis permis une petite fantaisie, une unique, petite et grossière retouche informatique.
J'ai imaginé, au côté d'un MCam classique, un Multicam disruptif, en ajoutant quelques macro motifs, couleur écorce de noisetier. Parce que j'avais envie qu'il
soit vraiment efficace dans la forêt...
Pour l'effet, regardez juste au dessus de votre écran… C'est pas grand-chose, mais je trouve que ça marche bien.
Remerciements:
A Julia, pour ta patience, ta résistance à la chaleur et ta coopération durant les prises de vue.
A Arktis, pour avoir inventé cette magnifique couleur Tan, qui concurrence le Mcam sur presque toutes les photos.
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