PRESENTATION

Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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INTERVIEWS

Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 15:44

LE MILSIM SELON ATHOS

  

Un jour Romain (le célèbre Captain Tonton Ryan de FA) m’a dit « ce que tu fais papa avec tes copains depuis des années c’est du Milsim… »

Mais c’est quoi du « Milsim » ? A vrai dire je n’en sais rien mais puisqu’il faut s’approprier le terme autant expliquer ce que l’on fait et voir après si la définition « colle » (comme les draps de Romain le dimanche matin).

Ma petite meute se retrouve un week end complet par mois pour faire des sorties dans la verte en ambiance mili tendance FS.

Romain : « C’est quoi une ambiance mili tendance FS ? »

Athos : « Le mili c’est pour les tenues et équipements car il est clair qu’avec nos bottes de saut, nos treillis Cam, nos gilets d’assaut, nos gueules de porte bonheur et nos flingues à billes on ne s’équipe pas pour un pique nique champêtre. Et il y a l’ambiance, le gout de l’effort, l’amitié virile et l’amour du terrain, de la verte comme on dit. »

Romain : « tendance FS ? »

Athos : « c’est plus pour le coté sans caporalisme et surtout l’autodiscipline. Je m’explique on prohibe les ordres et les actions inutiles, nous nous entrainons (drills) de façon à ce que chacun ait sa place dans le groupe ou l’équipe et sache ce qu’il a à faire et pourquoi. Il est plus facile de diriger des gars qui connaissent le job et qui savent où ils doivent se placer lors d’une progression que d’avoir à jouer au caporal « chef d’équipe » qui place ces pax et passe et repasse derrière eux en permanence. On l’a fait et on  l’a tous vécu pendant nos classes, donc on pense savoir quoi faire sur le terrain. »

Romain : « Pendant vos classes ? Vous êtes tous des militaires ou d’anciens militaires ? »

Athos : « Tu connais bien le passé ou le présent de chacun dans le groupe, mais pour te faire un résumé publiable la plupart des cadres et piliers du groupe (ceux de plus de 35ans) ont fait au minimum leur Service National donc ils ont fait leurs Classes. Pour paraphraser les héros des films que tu regardes en boucle : on a vidé quelques chargeurs et quitté des avions en plein vol en parfait état de marche et qui auraient pu se poser avec nous à bord…. »

Romain : « et au maximum ? »

Athos : « Là tu deviens indiscret mais sache que quelques Régiments prestigieux d’hier et d’aujourd‘hui ont jalonnés le parcours de certains d’entre nous…. »

Romain : « Tu ne m’en dira pas plus ? »

Athos : « Allez un petit scoop l’un des cadres du groupe a été garde au drapeau de son régiment où il sert en tant que réserviste lors d’un défilé du 14 juillet dernier…..»

Romain : « on revient sur le Milsim ? »

Athos : « c’est pour cela que l’on est là, non ? Je n’aime pas les étiquettes donc Milsim ou pas quelle importance ? Je recadre la discussion. Chez nous il n’y a pas que des vieux il y a aussi la nouvelle génération dont tu es le premier représentant. »

Romain : « Donc vous recrutez de nouveau équipiers ? »

Athos : « Non, mais la porte est toujours ouverte. Dans un sens comme dans l’autre. Si quelqu’un n’est pas content il s’en va. Si quelqu’un ne correspond pas ou plus à l’éthique du groupe : il s’en va. C’est simple. Si quelqu’un nous plait on le contacte, on le jauge et on le teste sur le terrain. S’il correspond à notre vision saine de nos activités, on le prend un an à l’essai et au bout d’une douzaine de sorties il passera son Raid Béret et deviendra s’il a été bon : un « équipier » »

Romain : Comment ne pas virer dans le para militaire ? »

Athos : « je l’attendais plus tôt celle là. Dans un groupe para militaire et crois moi que depuis 1985 on en a rencontré, il y a une hiérarchie très marquée (ex : un ex caporal qui sa fait appelé mon capitaine et se fait saluer) et non légitime. Il y a une volonté d’uniformité (tout le monde habillé et équipé pareil), ce qui n’est pas le cas de nos top models Arktis ou autre que l’on a dans le groupe. Il y a un but souvent non avouable (au service du plaisir et de la valorisation des cadres ou d’idées.) très souvent politisé aux extrêmes…. »

Romain : « Vous n’êtes pas politisés ? »

Athos : « Est-ce que je t’ai demandé pour qui tu votes ? On s’en fiche cela n’a pas d’importance. C’est pour cela que notre groupe existe depuis si longtemps car chacun a sa vie, ses idées et ses problèmes du quotidien chez lui et lors des sorties il est à 100% OPS pour le groupe cela nous permets de nous évader, de nous retrouver et d’en chier ensemble.»

Romain : « Le Milsim c’est un jeu à base d’Airsoft ? »

Athos : « Je ne suis pas propriétaire de ce terme. On fait des sorties mili ambiance FS, comme je te l’ai dit plus haut. Donc les sorties sont essentiellement basées sur du terrain, du crapahut, de l’orientation, de l’approche, de la « vie en campagne » et effectivement on le fait avec un ASG. Nous on dit un flingue à bille, un aspirateur ou tout simplement un fusil, un PM ou un PA. Le mot de « réplique » ou de « lanceur » est hypocrite. Pour un lanceur de paint-ball en aluminium avec une bonbonne de gaz qui dépasse d’accord (cela ne ressemble à rien !) mais un M4 RIS CQB machin chose qui ressemble au vrai comme deux gouttes d’eau, ce n’est pas un lanceur c’est un flingue. Et il faut s’en servir, le manipuler et  driller comme avec un vrai. C’est une question d’éthique et de sécurité, car on passe des heures avec, donc on acquiert des automatismes, des reflexes et de la mémoire musculaire .… De plus quand on vous emmène tirer avec des vrais au stand de tir je n’ai pas envie de prendre une balle dans le dos ou dans le plafond parce qu’un djeuns me montrera son index en disant de sa voix la plus virile « ma sécurité c’est ça…. ». On applique en permanence les 4 règles de sécurité de l’ISTC. Et pour l’équipe de Hannibal on dort avec son flingue dans le duvet autrement il disparait…. 

Je vais revenir sur notre conception des ASG. Si on fait du Milsim comme la définition plus haut. Il faut que l’on soit interopérable donc on utilise les mêmes flingues dans le groupe : M4 et MP5 quels que soient les modèles et en back up des Glock »

Romain : « Pourquoi ? »

Athos : « Pour pouvoir se passer des chargeurs en cas de problème car on n’utilise que des chargeurs de 30 coups (comme en vrai). Chaque pax part en moyenne avec 10 chargeurs approvisionnés (pas de billes en vrac) et 2 à 3 chargeurs de Glock. C’est dès ce point là que l’on rompt avec la vision du Milsim de l’Airsoft »

Romain : « Pour rester dans la rupture peux-tu expliquer comment on règle les touches en cas de combat ? »

Athos : « Là aussi on essaie de faire dans le réaliste et l’airsofteur pur et dur ne se retrouvera pas. Attention je ne critique pas les rencontres paint- ball et Airsoft. J’aimerai avoir le temps d’en faire car c’est rigolo, mais les combats ne sont pas réalistes dans le sens pur du terme :

  • Le buisson qui stoppe une rafale de Minimi
  • des bidouilleurs de flingues qui tirent des rafales de plusieurs centaines de billes debout mais hors de portée de riposte par un boostage intempestif de leurs aspirateurs
  • la mauvaise fois
  • les medics qui réveillent les « morts »
  • les chargeurs HICAP
  • la taille des terrains
  • le fait de « sacrifier » des pax pour voir d’où les « autres » tirent
  • etc.…

Et j’en oublie.

Je sais que c’est un « jeu » et se faire sortir dans les premières heures d’un week end de 72 heures est frustrant mais…on a trouvé une parade. Avec des règles d’engagement réalistes mais non frustrantes (si tu t’es fait touché, c’est que tu as fait une connerie donc paies le un peu, la prochaine fois tu réfléchiras plus et mieux. Autre avantage de l’AIRSOFT c’est que l’on peut rejouer quand on a été « tué », en vrai cela ne marche pas !) Avec les règles de touches suivantes :

  • Touche tête/tronc= out pour la durée de l’engagement en cours
  • 1° touche bras : immobilisé sur place mais peut parler et se mettre à couvert= durée idem
  • 1° touche jambe : immobilisé sur place, peut parler et éventuellement tirer = durée idem
  • 2° touche membre=out
  • Touche arme= on prend le back up ou l’arme d’un mort (l’intérêt des chargeurs compatibles, non ?)

Chez nous les engagements sont très courts et peu nombreux (exemple 0508 : 72h de terrain pour une action de 60 secondes…mais quelle action n’est-ce pas Ménator ?)

On ne gueule pas « touché » si on est touché, on reste sur place afin de mettre un peu de pression à tout le monde : AMI: on n’abandonne pas un mort ou un blessé et NMI est-il vraiment touché….Je vous promets que cela fait monter l’adrénaline.

Romain : « Il ya des missions à chaque sortie ? »

Athos : « Non, un week end de drills pour 2 week en end de « missions » »

Romain : Quels types des missions ?

Athos : « Beaucoup de reconnaissances qui démarrent souvent par un largage en Blind sur ou hors de la carte. Puis des missions de recherche et destruction (destruction = pose d’un cialume sur un pont ou un transfo EDF etc.…). Escorte de VIP, observation d’un site occupé par la log ou une autre équipe. Voire les retex de 0508 et 0509. »

Romain : Pour les drills ?

Athos : « Savoir :

1.    se déplacer

2.    communiquer

3.     s’orienter

4.    monter des bivouacs conforts ou tactiques

5.    se servir de son matériel

6.    se camoufler (LE PHASME est attendu pour un stage…)

7.    se servir de ses armes à billes

8.    observer

9.    travailler l’interopérabilité avec des groupes amis tels que les SAS12

10.  permettre aux chefs d’équipe de prendre leurs pax en main

11.  etc. »

CONCLUSION :

Est-ce que l’on fait du MILSIM ?

Est-ce que le fait que nos sorties puissent être qualifiées avec un terme ou pas a de l’importance ?

En tout cas on s’éclate depuis 1985, et je pense que c’est le cas de tous les membres du groupe dont les âges vont de 20 à 44 ans. Nos jeunes se moquaient au début de nos âges vénérables mais Papy Flingueurs ou pas on a encore la caisse…..du souffle et on tire vite et droit.

Si certain d’entre vous sont dans la même optique on est prêt à partager du temps mais pas d’adaptation on ne se déplace que dans nos cadres de sorties et de missions après échanges fructueux et reconnaissance des zones.

Cela répond à ta question Fiston ?

Par ATHOS - Publié dans : INTERVIEWS - Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 00:55

Jean-Jacques Cécile est un journaliste indépendant spécialisé, entre autres, dans le domaine des opérations spéciales. Un milieu qu’il connaît bien puisqu’il a été membre des équipes de recherche aéroportée du 13e RDP avant de poursuivre sa carrière militaire dans le renseignement. Il vient nous parler aujourd’hui de son prochain ouvrage Histoire secrète des SAS à paraître en septembre 2009 aux éditions Nouveau Monde.


SAS12 : Qu’est-ce qui dans votre jeunesse vous a poussé vers le métier militaire ?

Jean-jacques Cécile : Je suis d’origine bretonne. J’ai, durant des années, travaillé pendant l’été dans une crêperie dont le patron avait une bibliothèque d’ouvrages militaires très fournie et il me permettait d’y puiser à ma guise, voire même, de temps en temps, d’oublier de lui rendre certains livres empruntés. Toute mon adolescence a été bercée des pages écrites par Paul Bonnecarrère, Jean Lartéguy et beaucoup d’autres encore. Plus tard, j’ai été poursuivi par les études sans vraiment qu’elles ne parviennent à me rattraper. Elles m’ont au moins permis de constater que je n’étais pas fait pour rester cinq jours par semaine dans un bureau. Je les ai interrompues brutalement pour partir au service militaire que j’ai effectué comme aspirant. J’y ai découvert une vie qui me convenait. Plus tard, mes fonctions à Dieuze m’ont révélé ce qu’était le renseignement, je suis, comme Obélix, tombé dans la marmite, cela a été une découverte qui s’est rapidement muée en passion. Aujourd’hui, dans mes activités quotidiennes en tant que journaliste, je considère avant tout faire un travail de renseignement sur sources ouvertes. J’essaie de le faire avec cette rigueur apprise dans le milieu du renseignement militaire.


SAS12 :
 
Je ne vais pas vous demander de parler de votre travail au sein du « 13 » car le sujet est bien entendu sensible mais je ne résiste pas à l’envie de vous demander de partager avec nous une anecdote de type feu de camp.

Jean-jacques Cécile : Mes activités au sein du 13e RDP ne sont pas aussi sensibles que cela ; j’ai quitté Dieuze en 1985 et c’était il y a fort longtemps. Depuis, beaucoup d’eau a passé sous les ponts et les langues se sont déliées. Certes, on ne prête qu’aux riches et nombre d’affabulations circulent au sujet du Régiment. J’ai ainsi au la surprise de lire dans un ouvrage consacré aux forces spéciales et publié récemment (par décence, je tairai le nom de l’auteur…) que le 13 avait opéré clandestinement en Tchécoslovaquie et en Hongrie pendant la Guerre Froide. A ma connaissance, et j’ai la prétention d’être bien informé sur le sujet, il n’en est rien. Même le contexte des activités menées par les gens de Dieuze en Allemagne de l’Est est désormais très bien connu ; il a été exposé en détail dans l’ouvrage de Roland Pietrini intitulé Vostok : il n’y a rien de très clandestin là-dedans. Quant aux tactiques, techniques et procédures alors mises en œuvre par les équipes de recherche, elles-aussi ont été exposée en long, en large et en travers dans différents ouvrages, en particulier dans celui du général Robert Gaget intitulé Au-delà du possible – Recherche du renseignement en régions hostiles. Les équipiers sont certes beaucoup plus discrets en ce qui concerne leurs opérations actuelles et on ne peut que s’en réjouir. Car n’oublions pas que lorsqu’ils se retrouvent en zone contrôlée par l’ennemi, la discrétion est leur seule véritable garantie de survie. Même si, parfois, la conception du secret à la française peut prêter à sourire. Et ce sera justement le thème de mon anecdote « feu de camp ».

En tant que jeune sous-officier au 13e RDP, j’ai été amené à faire un séjour de quatre mois en Allemagne de l’Est sous couvert d’appartenance à la Mission militaire de liaison près du Haut commandement soviétique en Allemagne, c’est précisément le thème de l’ouvrage Vostok. Je résidais dans une villa située en zone Est, à Potsdam, villa fournie par les Allemands de l’Est et qui était, disait-on, truffée en micros. En conséquence et pour des raisons de sûreté, il m’était bien entendu strictement interdit de lâcher dans la conversation que j’appartenais au 13. Cependant, l’établissement du Propousk, la carte délivrée par les Soviétiques, exigeait de donner au KGB notre véritable identité accompagnée de huit photos en uniforme. De même, les missions étaient effectuées en uniforme avec béret rouge et insigne de grade blanc (la cavalerie) ; l’insigne d’unité était celui de la MMFL. Se taire : précaution bien aléatoire car les services de renseignement soviétiques savaient très bien que dans l’armée française, il n’y avait que deux unités de l’Arme Blindée-Cavalerie à avoir à la fois le béret rouge et les insignes de grade blancs : le 13 et le 1er Régiment de hussards parachutistes. Particularité : les hommes du 1er RHP portent en plus, sous l’insigne de béret, un liseré que nous ne portons pas au Régiment. Les tchékistes n’avaient donc pas besoin de mes éventuelles indiscrétions pour savoir que je venais de Lorraine. Est-ce un hasard si, à peu près à la même époque, un espion d’un « service » des pays de l’Est a été surpris en train de prendre systématiquement en photo tous les paras sortant du quartier à Dieuze ?


SAS12 : 
Votre prochain livre traite du Special Air Service, pourquoi écrire un second ouvrage sur le sujet ?

Jean-jacques Cécile : Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, mon premier ouvrage date de 1997 ; pour un livre documentaire, c’est l’âge de l’obsolescence, d’autant plus que depuis, il y a eu le 11 septembre 2001 et tout ce qui s’ensuit. Il était donc urgent de revenir sur le sujet pour une sérieuse actualisation des connaissances. Ensuite, le temps passant, j’étais de plus en plus dubitatif quant à la qualité de mon premier ouvrage. Sur le fond, j’avais fait de nombreuses erreurs dont je m’étais aperçu en continuant à m’intéresser à l’histoire du Special Air Service. Sur la forme, il m’avait été reproché d’avoir été trop complaisant envers l’unité britannique. J’ai essayé, dans le livre à sortir en septembre, de recentrer le ton. J’y suis notamment beaucoup plus critique sur les opérations aux Malouines. Enfin, le temps passant, nombreux sont les documents publiés qui permettent de revenir plus en détail sur le Special Air Service et notamment sur son histoire. Il y avait là matière à écrire.


SAS12 :
Comment se compose Histoire secrète des SAS, est-ce un recueil historique d’opérations peu connues, une étude des missions spéciales britanniques, l’actualité du Régiment ?

Jean-jacques Cécile : Je ne dispose que de peu de contacts britanniques acquis d’une manière que j’expose en introduction de mon nouvel ouvrage, et ceux-ci ont fréquenté le SAS il y a très longtemps, leurs souvenirs datent un peu. J’ai donc rédigé mon livre à partir de sources ouvertes. C’est toujours ainsi que je procède et c’est une critique que l’on me fait couramment. Je me souviens par exemple d’une recension faite dans un grand hebdomadaire national, par ailleurs plutôt flatteuse, dans laquelle un journaliste connu, s’agissant de mon avant-dernier ouvrage intitulé Les chiens de guerre de l’Amérique, relevait que je n’avais manifestement pas eu accès à des sources originales. Il avait raison et c’est également vrai à peu de choses près s’agissant de ce deuxième opus sur le Special Air Service. Mais je revendique en revanche que l’on me reconnaisse de m’être livré à une exploitation véritablement extensive des sources ouvertes existantes et notamment des ouvrages anglo-saxons sur la question. Qui, en France, a par exemple lu in extenso l’ouvrage intitulé Churchill’s Underground Army qui, entre autres, expose les liens entre d’une part le SAS et d’autre part ces réseaux de résistance ultrasecrets créés en Grande-Bretagne même sur ordre express de Churchill afin de contrer une éventuelle invasion allemande du territoire national ? Qui a de la même manière lu l’ouvrage The Story of the Lovat Scouts qui permet de comprendre à quelles influences a été soumis David Stirling, le fondateur du SAS, alors qu’il n’était qu’un adolescent écossais ? Plus qu’un journaliste, je suis un analyste qui travaille au fin fond de sa campagne, oublié qu’il est d’une intelligentsia puisant ses sources « originales » dans les salons parisiens où l’on discute entre gens comme il faut une coupe de Champagne à la main. Cette situation comporte des inconvénients mais également des avantages. Au rang de ceux-ci, beaucoup de temps pour lire beaucoup, et pas seulement les ouvrages que l’on trouve à la librairie du coin. C’est une autre manière de concevoir le journalisme, empreinte de rigueur et de patience, loin de la tyrannie du « temps-média » qui réclame une réaction ultra-rapide aux événements. Je ne sais pas, je ne veux pas écrire un livre en urgence sous prétexte de faire un coup médiatique. Au final, mon nouvel ouvrage dresse une fresque la plus complète possible de l’histoire du Régiment jusqu’aux dernières opérations connues tant en Afghanistan qu’en Irak. J’ai en revanche fait quelques impasses, notamment en ce qui concerne le processus de sélection/instruction. Cela me sera sûrement reproché mais était-ce vraiment indispensable de revenir là-dessus alors que tant d’encre a déjà coulé sur le sujet ? N’était-il pas plus intéressant de développer des aspects moins connus de l’unité d’élite britannique ? Quoi qu’il en soit, c’est un choix que j’assume pleinement.


SAS12 :
Nous parlons régulièrement dans ce blog des rapports avec les sociétés militaires privées, vous avez d’ailleurs consacré un livre à cette question. Mais quels sont selon vous les changements majeurs opérés au sein du Régiment depuis ces dix dernières années ?

Jean-jacques Cécile : Je ne crois pas qu’il soit approprié d’évoquer des « changements majeurs ». Le Special Air Service et plus particulièrement sa composante d’active le 22nd Special Air Service Regiment est une formation qui, c’est un constat que l’on peut du reste étendre à toutes les unités de forces spéciales au monde, est en évolution constante. Evolution constante des structures, des matériels mais aussi des tactiques, techniques et procédures. S’il fallait cependant absolument distinguer une tendance, mon choix se porterait sur l’accélération des développements technologiques. Drones sans cesse plus petits et discrets, balles tirés par les snipers qui seront bientôt guidées vers leur cible, équipements permettant d’être sans cesse plus furtif dans l’action, etc. composent un monde militaire en perpétuelle mutation dont les opérateurs spéciaux doivent maîtriser toutes les facettes sans cesse plus vite sans pour autant sacrifier leur rusticité. Souvenons-nous que disposer de capacités technologiques avancées en appui direct des forces est une des principales raisons ayant motivé la création du commando Kieffer. Là est à mon sens l’un des défis majeurs, sinon le principal, que doivent relever les forces spéciales en général et le SAS en particulier.

Par MENATOR - Publié dans : INTERVIEWS - Ecrire un commentaire - Voir les 31 commentaires
Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 10:56
Questions à Matias, un maquettiste barcelonais spécialisé dans les soldats des Forces Spéciales britannique à l'échelle 1/6ème.


SAS12 : D'où vient votre passion pour les figurines à l'échelle 1/6eme ?


Matias : Tout est la faute du propriétaire de la boutique où j'achetai mon matériel 54mm et 90mm. Il m'a montré un allemand au 1/6 de chez dragon et dès ce jour, je me suis consacré à cette échelle.


SAS12 : Pourquoi travaillez sur le thème des FS anglaises en particulier ?


Matias : Depuis tout jeune, j'aime l'Armée britannique, toutes les figurines que je pouvais collectionner représentaient des soldats anglais. Une fois entré dans le monde du 1/6ème j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de possibilité de créer les uniformes qui me plaisaient et c'est aussi pour cela que je me consacre à cette échelle.
Les SAS sont mes préférés par leur philosophie au combat, leurs réussites et leur entraînement, c'est pour moi sans doute les meilleures forces spéciales au monde.


SAS12 Où trouvez-vous l'inspiration ?


Matias : Surtout d'Internet, des bibliothèques, des livres que j'achète et de l'aide de mes amis.

Et naturellement de ce fantastique blog.

SAS12 : Pouvez-vous nous présenter votre figurine préférée et nous expliquer le développement de votre travail ?


Matias : Il est difficile de choisir mais je voterais pour celle-là :



Pour cette figurine, j'ai d'abord modifié le mannequin car il était très grand. J'ai raccourci le buste, les bras et les jambes afin qu'il ne soit pas difforme.
J'ai retouché la tête au niveau de la nuque, elle provient d'une figurine de guerrier mongol qui avait une queue de cheval impressionnante. Je lui ai donc coupé, je l'ai poli au papier de verre et j'ai repeints.
Pour le tissu, je lui ai d'abord fais prendre un bain de thé, j'ai poli au papier de verre les parties qui s'usent généralement. Avec du pastel, J'ai amplifié cette usure et salit l'ensemble. Le plus difficile fut la pose des gants, il m'a fallu de la patience pour séparer chaque doigt et enfiler ainsi ses gants.


SAS12 : Pour conclure, quels sont vos prochains projets ?

Matias : Mes prochains projets ? Oula, ils sont nombreux ! J'ai bientôt terminé deux SAS dans le conflit des Malouines et c'est avec plaisir que je vous les présenterai une fois achevés.


Entretien et traduction réalisés en Espagnol par Ménator via courriels début Juin 2009.
Je remercie Matias et je vous invite à découvrir son travail et le monde de l'"Action Figure" sur le portail francophone AFF.
Il y a une page figurine sur ce blog, j'y rassemble les articles dédiés à ce sujet. N'hésitez pas à me présenter vos créations SAS et les nouveautés UKSF.

Par MENATOR - Publié dans : INTERVIEWS - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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