Avant d'acquérir ce sac en décembre 2009, j'étais à la recherche d'un sac à dos complet, compartimenté, d'un volume de 35 litres, de teinte unie passe-partout, et surtout, suffisamment
confortable et fixe pour crapahuter en montagne sans problème.
Avant de trouver mon bonheur, je lorgnais surtout sur les sac anglais du type Karrimor Sabre™ ou Snugpak Sleeka Force 35™, confiant dans la solidité et le confort simple et éprouvé des sacs à dos
britanniques.
J'avais des préjugés sur les daysacs US, surtout parce que l'armée américaine n'a pas une culture de marcheurs. D'autres candidats potentiels à mon achat étaient malgré tout les grands classiques
US de 5.11™ ou Camelbak™, pour leur caractère fonctionnel et leur modularité. Mais deux détails importants m'empêchaient de fondre sur un Rush 24™ ou un BFM™: l'absence de sangle de rappel de
charge et d'un dos ventilé en maille. En montagne, ce sont des équipements indispensables.
Devant l'indisponibilité de tel ou tel modèle Brit ou des critères qui ne correspondaient pas, j'ai fait appel aux conseils avisés de Maître Wazzock de Terrang, qui m'a conseillé le Sac Kelty
Strike 3500, dont je ne soupçonnais même pas l'existence.
Depuis, ce sac ne me quitte plus dès que je fais un pas en montagne.
Description générale
Le Kelty Strike 3500 est, comme son nom l'indique, un sac à dos de 35 litres, compartiment central et poches incluses. Il accuse un poids à vide de 1600
g, ce qui est un poids normal pour un sac US de ce litrage. Bonne surprise, il tient debout même peu chargé.
Le sac se compose d'un compartiment central, de deux poches latérales, d'un compartiment interne pour sac d'hydratation, d'une grande poche externe en façade (compartimentée), et de trois espaces
inter-poches très pratiques. Toutes les poches se ferment par un zip et la grande poche en façade est équipée de passants transversaux en nylon fort, apparemment très solides.
Les sangles de portage sont complètes et très confortables; les sangles de compression, efficaces.
Sur le sommet du sac, une poignée de portage, ainsi qu'un rabat à pression pour la sortie du tube d'hydratation. La teinte est une sorte de coyote Tan tirant légèrement sur l'OD, qui est bien
adaptée à nos contrées, surtout si on change fréquemment de versant au cours d'une même marche.
Si le sac est en nylon 500D, le cul du sac est encore plus épais, tout comme la tranche des poches externes. S'il ne résisterait pas à la charge d'un tricératops adulte, le Strike 3500 encaissera
sans problème les contraintes du terrain sans rechigner, parce qu'il est vraiment solide.
Petit plus de taille: la présence d'un sursac étanche, logé discrètement dans le cul du sac à dos.
Le confort
Lorsque que j'ai essayé ce sac, dès réception, j'ai été dérouté par son confort, étrange de prime abord, presque inquiet d'avoir acheté ce sac
sans l'avoir essayé au préalable.
Le dos est fort bien rembourré et ventilé pour un sac US de cette gamme.
L'ensemble se compose d'un coussinet lombaire central et de deux coussinets à hauteur d'omoplates, en mesh (filet) souple. Ce sont ces deux coussinets qui sont surprenants de prime abord. Neufs,
ils sont assez rigides, mais leur confort devient indiscutable lorsqu'ils s'assouplissent, au bout de seulement une ou deux marches sur le terrain. Ils épousent très bien la morphologie et
suivent les mouvements naturels d'un dos qui s'agite.
De surcroît, la séparation des coussinets permet à l'air de bien circuler, donc, à la sueur de ne pas vous tarauder entre les omoplates (très utile pour empêcher la survenue de mycoses dues à la
macération régulière). Seul bémol minime à ce niveau, la sueur qui s'évapore stagne sous le nylon de cette séparation, là où sa découpe forme un arc, au-dessus du coussin lombaire. Mais ce n'est
vraiment pas grand-chose. Ca sèche vite au soleil ou dans un endroit ventilé. Psychologiquement, on s'en remet très bien, vous verrez.
Les sangles de portage sont aussi confortables que les coussinets du dos. Elle sont rembourrées et aérées à l'identique.
Les sangles d'épaules sont réglables au plus juste par leurs sangles classiques, ainsi que par des sangles de rappel de charge (mes amies de toujours) et assez larges et moelleuses pour marcher
sans grimacer sous le poids jusqu'à plus soif. Elles se fixent sur la poitrine grâce à une sangle de serrage transversale fermée par clip.
La sangle abdominale est vraiment bien conçue, car elle est large est ergonomique. Le plus réside dans ces deux alvéoles qui jouxtent le coussin lombaire, et qui sont constituées de mesh encore
plus fin, mais bien solide. C'est un aménagement judicieux, particulièrement pour les marcheurs qui suent comme des gnous. La partie extérieure, la plus soumise à l'abrasion et aux rigueurs de la
vie virile, est plus épaisse que la partie en retrait, là même où ça chauffe et ça sue le plus.
La sangle abdominale se ferme par une généreuse sangle à clip. Elle est de plus, amovible, en détachant un gros velcro situé derrière le coussin lombaire.
Le confort est vraiment à la hauteur de mes attentes grâce à l'épaisseur des coussins dorsaux, ce qui est d'autant plus agréable lorsqu'on souffre du dos, des épaules et qu'on est taillé comme un
crayon gris.
Les différents aménagements
Comme on peut le voir sur cette photo, le sac est muni d'une solide poignée de portage sur le dessus, et d'un rabat à pression pour la sortie ambidextre du tube
d'hydratation. C'est là le seul reproche réel que j'aurai à faire à ce sac, mais on m'avait prévenu à l'achat. Le bouton-pression du rabat semble avoir été oublié des dieux. Il a cassé
au bout de deux ou trois manips… Je ne suis pas une exception à cette règle. Mais bon, ce n'est rien. Deux points de couture plus tard, j'avais déjà oublié cette petite déconvenue. J'ai cousu le
rabat un peu lâche, histoire de pouvoir passer la tête d'œuf de mon tube Camelbak™ sans problème. Et on n'en parle plus…
Autre atout, et ce n'est qu'un début, le dos est réglable en hauteur, par un système de sangle sous-jacente et de velcro, qui permet de monter ou de descendre le coussin lombaire
et les deux coussinets dorsaux.
Les poches et compartiments
Les poches latérales (une de chaque côté), sont fermées par zip et de taille généreuse, pour des poches latérales. Comme on peut le voir, une gourde US d'un litre y rentre
aisément, tout comme une trousse de survie, de premier soin, ou un vêtement anti pluie.
Derrière chaque poche latérale, sous les sangles de compression, un espace permet de ranger encore autre chose (perso, j'y glisse un gros poignard Ka Bar dont le
fourreau est fixé à la sangle de compression). Ces espaces sont munis d'un trou sur le fond, permettant à l'eau de s'évacuer en cas de pépin.
La grande poche extérieure est bien conçue et aménagée pour être utile en toutes circonstances. Elle se ferme par 2 zips convergents.
Elle se compose de: (j'en vois certains qui se caressent déjà)
_ Un compartiment supérieur moyen-grand sans séparation interne;
_ Un petit mousqueton sanglé;
_ Quatre petits compartiments identiques;
_ Quatre emplacements pour stylo (qui acceptent sans problème le manche d'une mini Maglite™);
_ Une poche zippée en filet (clés, monnaie…);
_ Un compartiment moyen-grand, qui est le bas de la grande poche extérieure en elle-même;
_ Un grand compartiment en demi-lune, en tissu polaire noir, idéal pour la protection des optiques ou des lunettes de soleil.
C'est fou le nombre de petites merdouilles indispensables à notre durabilité qu'on peut y glisser pour une seule sortie: barre de céréales, chocolat, clés, monnaie, capotes, ampoules de rechange
pour lampe, lampes, piles AA, stylo, lunettes de soleil, téléphone portable, calepin, mouchoirs en papier, etc… Un petit go-bag dans une grande poche.
Derrière la grande poche externe à miracles, un grand espace réglable, qui se ferme en clipsant les sangles de compression au corps du sac à dos.
Ce compartiment peut bailler grâce à des petits filets latéraux qui achèvent de sécuriser l'emport de tout ce que vous y glisserez (t-shirt ou tout effet mouillé, matos de section, grosse
optique, etc…). Le fond de cet espace est troué lui aussi, pour évacuer l'eau si besoin.
Notez que cet espace perd de son utilité, comme ceux latéraux, lorsque le sac est plein à craquer. Quand les poches et le compartiment principal sont gonflés, le volume de ces espaces se réduit
logiquement. Photo Kelty 12
Le compartiment interne principal
Fermé par deux zips convergents, il ne s'ouvre que jusqu'au niveau des poches latérales. Ce peut être dérangeant pour les puristes, mais perso, je ne trouve pas cela embêtant, et ça évite de voir
le sac vomir son matos, ce qui a la fâcheuse tendance à arriver dans la boue, quand il pleut ou qu'on est à la bourre…
Une partie de mon matos y est dedans à demeure (couv' de survie, gros pull chaud, papier hygiénique) et je n'ai pas à me soucier de s'il va se barrer ou pas.
Le grand compartiment interne se divise en trois parties:
_ une grande poche principale, qui doit avoisiner les 25 litres, munie dans les coins de 2 œillets pour évacuer l'eau;
_ une grande poche élastique, idéale pour y ranger proprement des affaires qu'on doit pouvoir sortir facilement (perso, ma couverture de survie USAF y a un bail emphytéotique);
_ une poche, plus étroite et pas élastique, avec cordon de serrage bloqueur, destinée à accueillir un sac d'hydratation jusqu'à 3 litres inclus (la sortie prévue
pour le tube d'hydratation étant placée juste au-dessus).
On peut noter la présence des deux armatures qui rigidifient le dos (les Américains ont enfin compris! priez pour que d'autres suivent…). Ce sont deux barres amovibles en alu,
glissées dans des compartiments fermés par velcros.
Atout supplémentaire, le fond du grand compartiment principal est étanche; les oeillets d'évacuation de l'eau étant placés dans les angles, pour minimiser les
risques accidentels d'entrée d'eau (qui s'évacuerait de suite, de toute manière).
Le sursac anti pluie
Option qui se généralise sur les sacs à dos modernes (enfin!), la housse anti pluie du Kelty Strike 3500 est judicieusement logée dans un compartiment qui se situe sous le sac,
endroit que j'ai la paillarde habitude d'appeler le "cul du sac", et pour cause!
La poche est zippée, et son contenu ne gène en rien la contenance du sac en elle-même. Et surprise, elle contient un joli sursac assorti au sac. Miracle! La housse n'est ni grise, ni jaune fluo
(c'est un sac mili, quand même!) et en plus, elle est solide et couvre tout le sac. Ca paraît logique, mais pour certaines marques, apparemment, ça ne l'est pas… Je pourrais vous raconter
comment, un jour de pluie, j'aurais pu étrangler un fabriquant de sacs photo très très connu, pour lui apprendre à confectionner des housses anti pluie sur mesure…
C'est là, la cerise sur le gâteau, qui couronne un sac fort complet et réalisé de manière pragmatique, alliant confort, solidité et fonctionnalité. Les puristes, parce qu'il y en a dans chaque
domaine, noterons l'absence totale (et très politiquement incorrecte) de passants MOLLE, ce qui fait certainement gagner au sac 500g à un kilo. Et oui… Le MOLLE, c'est beau, c'est pratique, mais
c'est lourd, et, quand on en a déja partout sur son gilet, et qu'on a un sac bien conçu, est-ce la peine d'en rajouter, quitte à ressembler à un stégosaure ou pire, à un ankylosaure?
Les bons et les mauvais points du Kelty Strike 3500
Les +
_ Le rapport qualité/prix: moins de 100€ chez Terrang (décembre 2009);
_ Le confort (j'insiste);
_ La respirabilité du dos et des sangles de portage;
_ Les poches, spacieuses et fonctionnelles;
_ La solidité;
_ La housse anti-pluie intégrée;
_ La couleur passe-partout.
Les –
_ Le rabat de sortie du tube d'hydratation et son bouton pression: ça casse! (mais ça se répare)
_ La largeur, toute relative, des mailles du mesh des sangles de portage et des coussins dorsaux. Des crasses peuvent facilement s'y glisser (je suppose).
_ Les espaces entre les poches, très pratiques lorsque le sac n'est pas chargé. Presque inutiles lorsque le sac est chargé, et pas couverts s'il pleut.
_ L'absence, tout de même, d'un ou deux passants MOLLE de chaque côté, pour personnaliser ou affiner son emport;
_ Le poids à vide (1600g) encore trop important à mon goût (de brindille). Bien inférieur cependant à d'autres sacs US de même gabarit.
En conclusion:
Je suis ravi de posséder ce sac, qui me suit sans rechigner au travers des forêts et par delà les montagnes, et qui ménage mon dos passablement fatigué.
L'emport est largement suffisant pour une journée de marche standard, voire une grosse journée.
Pour les soucieux de la discrétion comme moi, la couleur est vraiment passe-partout.
La solidité ne fait pas défaut, au contraire, et le confort est vraiment digne d'un sac civil, ce qui est rare pour un sac mili de ce volume. Un dos rigide et respirant aussi confortable sur un
sac destiné au combat est presque encore une gageure aujourd'hui. Mais pas pour ce sac là…
Le Kelty Strike 3500 s'acquitte sans faillir de sa tâche, celle qui est de suivre un marcheur exigeant, discret, et qui cherche à ménager son dos et ses épaules.
Un choix alternatif, un look un peu vintage, une durabilité certaine pour un bon prix, un choix sérieux pour les blasés du fashion.
Confort, solidité, fonctionnalité. What else?
Par LE PHASME, Mai 2010
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