Mercredi 30 mai 2007
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Voici en exclusivité un entretien réalisé en Novembre 2006 de John
Geddes , un ancien SAS devenu "contractor" qui a écrit un formidable témoignage sur son métier à très haut risque dans l' Irak actuel.
Merci François, son sympathique éditeur français sans qui cet interview n'aurait pu être possible.
22SAS12 : Durant vos années passées au 22SAS, avez-vous suivi les entrainements et intégré le CRW wings ? (unité anti-terroriste)
John Geddes : Je suis resté 23 ans au sein de l'armée britannique, 10 ans dans les paras et 13 dans le SAS durant lesquelles j'ai bien sûr
fait partie de l'unité anti-terroriste. En réalité, nos fonctionnons par cyle : deux ans dans un squadron, 9 mois dans l'unité anti-terroriste. Durant ces neuf mois, nous nous entraînons en
permanence tout en restant en stand-by opérationnel H24.
22SAS12 : Pouvez-vous nous raconter un souvenir marquant de cette période au "Regiment" ?
(après quelques instants de réflexion)
John Geddes : Un jour, nous nous entrainions à l'infiltration maritime sur une plage britannique. Selon le plan de l'exercice, un c"hinook" devait nous larguer dans l'eau
avec nos "dinghy" gonflables à environ 500 ou 600 mètres de la plage. Le "chinook" volait à très basse altitude pour étouffer au maximum le bruit des rotors, avec une approche à la nuit tombante
pour pouvoir infiltrer la plage dans l'obscurité totale. L'approche se déroule très bien et le "chinook" se stablise puis nous largue comme prévu : 4
"dinghy" et une trentaine d'hommes avec tout leur matériel. Dès que nous touchons l'eau, nous actionnons les valves de gonflage automatique, puis nous essayons de monter dans les "dinghy". Mais
le vent se lève et nous sommes dans l'incapacité de stabiliser les "dinghy" car ils se retournent sans cesse sous l'effet conjugué du vent et de la houle. Notre officier nous ordonne alors de
gonfler nos gilets de sauvetage et de gagner la plage à la nage, mais, sur nos 30 gilets de sauvetage, seulement 4 d'entre eux se révèlent en état de fonctionner ! Un vrai cauchemar ! Nous
nageons avec notre matériel, avec nos armes, dans la houle, à 500 mètres de la plage, la nuit est tombée, et nos gilets de sauvetage ne fonctionnent pas ! Les meilleurs nageurs arriveront à
rejoindre la plage avec leur matériel, s'en débarrasseront sur la rive, puis retourneront dans l'eau chercher les autres... Nous mettrons près d'une heure et demie à débarquer. Tu parles d'une
infiltration... Mais qu'est ce qu'on a rigolé après !
22SAS12 : A la fin de votre livre, vous parlez des Arabes des marais et vous écrivez "j'ai un travail à terminer là-bas",
pouvez-vous nous dire plus ?
John Geddes : En fait, "le travail que j'ai à terminer là-bas" n'est pas avec les Arabes du marais, mais avec
moi-même et avec l'autoroute. Il fallait que je retourne sur l'autoroute pour voir si j'étais toujours opérationnel, si je pouvais encore faire du bon travail. Et la réponse a été oui.
22SAS12 : Les écrivains vétérans du SAS sont populaires. Pensez-vous continuer à écrire ?
John Geddes : J'écris actuellement un livre sur la Guerre des Malouines, dans le cadre des commémorations du
25ème anniversaire l'année prochaine. Je m'intéresse notamment à la bataille de Goose Green, à laquelle j'ai participé.Ce livre s'intitule "Spearhead
Assault".
22SAS12 : Question légère pour terminer, beaucoup de britanniques viennent s'installer dans le Sud Ouest de la France. Songez-vous à
prendre votre retraite dans notre région en restaurant par exemple un corps de ferme ?
John Geddes : Le Sud Ouest de la France ? Quelle drôle d'idée... En réalité, je cherche quelque chose
sur la Riviera, pour créer plus tard un bureau à Monaco...
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