Voici
en exclusivité notre interview réalisé en Novembre 2006 de John Geddes , un ancien SAS devenu "contractor" qui a écrit un formidable témoignage sur son métier à très haut
risque dans l' Irak actuel. Merci à son éditeur français sans qui cet interview n'aurait pu être possible.
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22SAS12 : Durant vos années passées au 22SAS, avez-vous suivi les entrainements et intégré le
CRW wings ? (unité anti-terroriste)
John Geddes : Je suis resté 23 ans au sein de l'armée britannique, 10 ans dans les paras et 13
dans le SAS durant lesquelles j'ai bien sûr fait partie de l'unité anti-terroriste. En réalité, nos fonctionnons par cyle : deux ans dans un squadron, 9 mois dans l'unité anti-terroriste.
Durant ces neuf mois, nous nous entraînons en permanence tout en restant en stand-by opérationnel H24.
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Pouvez-vous nous raconter un souvenir marquant de cette période au "Regiment" ?
(après quelques instants de réflexion)
Un jour, nous nous entrainions à l'infiltration maritime sur une plage britannique. Selon le plan de l'exercice, un c"hinook" devait nous larguer dans l'eau
avec nos "dinghy" gonflables à environ 500 ou 600 mètres de la plage. Le "chinook" volait à très basse altitude pour étouffer au maximum le bruit des rotors, avec une approche à la nuit tombante
pour pouvoir infiltrer la plage dans l'obscurité totale. L'approche se déroule très bien et le "chinook" se stablise puis nous largue comme prévu : 4 "dinghy" et une trentaine d'hommes avec tout leur matériel. Dès que nous touchons l'eau, nous actionnons les valves de gonflage automatique, puis nous essayons de monter
dans les "dinghy". Mais le vent se lève et nous sommes dans l'incapacité de stabiliser les "dinghy" car ils se retournent sans cesse sous l'effet conjugué du vent et de la houle. Notre officier
nous ordonne alors de gonfler nos gilets de sauvetage et de gagner la plage à la nage, mais, sur nos 30 gilets de sauvetage, seulement 4 d'entre eux se révèlent en état de fonctionner ! Un vrai
cauchemar ! Nous nageons avec notre matériel, avec nos armes, dans la houle, à 500 mètres de la plage, la nuit est tombée, et nos gilets de sauvetage ne fonctionnent pas ! Les meilleurs
nageurs arriveront à rejoindre la plage avec leur matériel, s'en débarrasseront sur la rive, puis retourneront dans l'eau chercher les autres... Nous mettrons près d'une heure et demie à
débarquer. Tu parles d'une infiltration... Mais qu'est ce qu'on a rigolé après !
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A la fin de votre livre, vous parlez des Arabes des marais et vous écrivez "j'ai un travail à terminer là-bas", pouvez-vous nous dire plus
?
En fait, "le travail que j'ai à terminer là-bas" n'est pas avec les Arabes du marais, mais avec moi-même et avec l'autoroute. Il fallait que je retourne sur
l'autoroute pour voir si j'étais toujours opérationnel, si je pouvais encore faire du bon travail. Et la réponse a été oui.
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Les écrivains vétérans du SAS sont populaires. Pensez-vous continuer à écrire ?
J'écris actuellement un livre sur la Guerre des Malouines, dans le cadre des commémorations du 25ème anniversaire l'année prochaine. Je m'intéresse notamment à
la bataille de Goose Green, à laquelle j'ai participé.Ce livre s'intitule "Spearhead Assault".
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Question légère pour terminer, beaucoup de britanniques viennent s'installer dans le Sud Ouest de la France. Songez-vous à prendre votre retraite
dans notre région en restaurant par exemple un corps de ferme ?
Le Sud Ouest de la France ? Quelle drôle d'idée... En réalité, je cherche quelque chose sur la Riviera, pour créer plus tard un bureau à
Monaco...
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