Vaste sujet que celui de ces nouveaux mercenaires appelés "contractors" en anglais. Nous n'allons pas polémiquer sur leur emploi et leur avenir mais juste présenter un phénomène ancien.
Depuis la fin du Second Conflit Mondial, beaucoup de SAS à la retraite ont participé à des conflits dans l' Afrique post-coloniale comme mercenaires. Je rappelle que David Stirling
lui-même était à la tête d'une société privée : "Watchguard" qui fournissait de l'aide à certains chefs d'Etat africain en particulier ceux qui luttait contre des guérillas communistes.
Ce qui change fondamentalement ce sont les budget colossaux attribués à ces SMP (Société Militaire Privée) lui sont à la recherche de personnels qualifiés. De par leurs expériences et leur
réseau, les SAS sont appelés à se reconvertir comme contractor. Les salaires proposés pouvant atteindre 600 US$ par jour, le MoD a bien du mal à garder ses spécialistes de la sécurité et du
contre –terrorisme.
J’ai collecté une série d’articles de presse sur le sujet en particulier ceux parlant des SAS, je vous invite à lire le livre de John Geddes, ancien du Regiment qui nous livre un témoignage
exceptionnel sur son « job » en Irak.
Pour ceux qui serait tenté de jouer au « contractor » le dimanche, vous trouverez pour vous inspirer quelques photos prises au début du conflit en Irak à la fin de l’article.
Le figaro de 14/08/07
Exode des agents secrets de Sa Majesté
Les James Bond quittent les services de renseignement pour des emplois mieux rémunérés.
C'EST le grand malaise de l'armée britannique. Près de 20 % des officiers qui travaillent pour les services de renseignements de l'armée ont quitté leurs fonctions ces trois dernières années,
selon une source militaire citée hier par le Daily Telegraph. Au total, cela représente le départ de près d'une centaine d'officiers, essentiellement engagés en Irak et en Afghanistan. La raison
? Les salaires dans les entreprises privées à la recherche de renseignements dans ces pays sont beaucoup plus alléchants.
Un an à Bagdad pour une société privée peut rapporter jusqu'à 185 000 euros, avec trois mois de vacances. En comparaison, un officier britannique en Irak gagne 70 000 euros, presque trois fois
moins. Pour faire face, l'armée envisagerait d'offrir une prime supplémentaire.
Au-delà de la concurrence du secteur privé, le retrait des officiers illustre aussi le malaise général de l'armée britannique. En Afghanistan, le bilan s'est encore alourdi samedi, avec un mort
de plus lors d'une attaque contre un convoi dans le sud du pays. Cela porte le total des tués à 70 depuis le début de la guerre en 2001. En Irak, le bilan est de 168 depuis 2003.
Grogne généralisée
Si les désertions ne se sont pas multipliées, contrairement aux États-Unis, la grogne s'est étendue. Périodiquement, des exemples de rébellion à l'intérieur de l'armée apparaissent. L'an dernier,
Ben Griffin, un membre des services secrets SAS, a refusé de retourner à Bagdad, à cause de la façon dont ses collègues américains traitaient les Irakiens. Il a dû démissionner.
L'association Combat Stress, qui aide les anciens militaires qui souffrent de dépression, estime que le ras-le-bol est généralisé. « Ceux qui font partie d'unités spécialisées sont déjà allés au
moins deux fois en Irak, explique Robert Marsh, son porte-parole. Pour eux, l'idée d'y retourner n'est pas réjouissante. » L'association connaît une forte progression du nombre de cas qu'elle
traite : 759 en 2004, 939 en 2005, et 948 l'an dernier.
Le mécontentement est tel qu'une « fédération des forces armées britanniques » a vu le jour en octobre. Ses fondateurs soulignent qu'il ne s'agit pas d'un syndicat. Mais son objectif officiel est
quand même de « promouvoir les intérêts professionnels, sociaux et autres » des soldats, malgré l'opposition du ministère de la Défense. Le trouble de l'armée britannique semble être là pour
durer.
source: http://www.lefigaro.fr/
Comme le précisait Romain dans un commentaire les "troopers" vont avoir du travail. Voici une traduction d'un article du Guardian paru dans Courrier International et qui soulève encore
le débat sur l'emploi de "contractors" :
Courrier international Novembre 2007
IRAK • Le jackpot des mercenaires
Parmi les cinq Britanniques enlevés le 29 mai à Bagdad, quatre sont employés par GardaWorld, une entreprise spécialisée dans la sécurité des personnes et des transports. L'occasion, pour
The Guardian, d'enquêter sur le juteux marché de la sécurité privée en Irak.
La sécurité privée est devenue un secteur extrêmement rentable en Irak pour quelques sociétés américaines et britanniques. Les anciens soldats qu'elles emploient, qui peuvent gagner jusqu'à 1 000
dollars [750 euros] par jour, font le travail le plus dangereux au monde. Plus de 900 d'entre eux, pour la plupart des Américains, ont été tués au cours des trois dernières années.
Le Pentagone estime à environ 20 000 le nombre d'agents de sécurité opérant en Irak mais, aux dires de certains observateurs, le chiffre serait beaucoup plus élevé. Quatre des cinq Britanniques
enlevés hier à Bagdad travaillaient pour GardaWorld, une des plus grandes sociétés de sécurité en Irak. Domiciliée à Montréal, GardaWorld a ouvert des bureaux à Hereford [dans l'ouest de
l'Angleterre], à deux pas du quartier général des SAS [unité aérienne des forces spéciales britanniques]. L'année dernière, elle a acquis Kroll Security International, une société londonienne qui
possède ses propres unités de sécurité en Irak.
GardaWorld revendique plus de vingt ans d'expérience dans les pays à haut risque et se targue d'employer en Irak une équipe d'élite composée d'expatriés et de spécialistes autochtones formés tant
à la protection des personnalités qu'à la gestion des enlèvements et des remises de rançons. Elle a, entre autres, travaillé pour la Fondation anglicane pour la réconciliation au Moyen-Orient,
dirigée par le pasteur Canon Andrew White. Cette organisation lui a remis au début du mois son Prix pour la paix au Moyen-Orient 2007. "Sans l'immense contribution de GardaWorld, il nous aurait
été impossible d'accomplir notre travail", avait alors déclaré Canon White.
En Irak, les sociétés de sécurité assurent une multitude de tâches qui permettent au pays de fonctionner : protection des personnels de la coalition, escorte de convois, protection des oléoducs
et des installations militaires et civiles et sécurité des journalistes et des hommes d'affaires de passage. Si, au début de la guerre, les principaux bénéficiaires des contrats de sécurité
étaient Américains, à l'instar des sociétés Blackwater, DynCorp ou encore Vinnell pour la formation de la police et des militaires et la protection des responsables américains, les Britanniques
ont rapidement obtenu leur part du gâteau. Ainsi, en mai 2004, l'entreprise Aegis Defence avait remporté un contrat de 293 millions de dollars [218 millions d'euros] pour coordonner la sécurité
des troupes du génie américain. Son chiffre d'affaires (dont 75 % sont générés par son activité en Irak) est passé de 554 000 livres [815 000 euros] en 2003 à 62 millions [91 millions d'euros] en
2005.
Ce contrat avait alors fait polémique, car Aegis Defence était dirigée par le lieutenant-colonel Tim Spicer, un ancien mercenaire issu des Scots Guards [Garde écossaise] qui s'était trouvé, à la
fin des années 1990, au centre d'un scandale de ventes d'armes en Afrique (des armes avaient été expédiées en Sierra Leone à un chef de la milice accusé de crimes de guerre). La société a survécu
à d'autres controverses par la suite et, aujourd'hui, la plupart des officiers supérieurs britanniques en retraite siègent à son directoire.
Le contrat avec le génie américain doit être prochainement renouvelé et l'entreprise britannique de sécurité ArmorGroup, présidée par l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères [dans
le gouvernement de John Major], le conservateur Malcolm Rifkind, est en lice. ArmorGroup a réalisé 50 % de ses 129 millions de livres [190 millions d'euros] de revenus en Irak l'année dernière.
Avec plus 1 200 salariés, l'entreprise affirme être le plus grand protecteur de convois en Irak, avec environ 30 % de convois protégés, soit 1 200 missions assurées l'année dernière. ArmorGroup
assure avec Control Risks, une autre société britannique, la sécurité du Foreign Office et du ministère du Développement international pour laquelle le gouvernement britannique a déboursé au
cours des cinq dernières années quelque 165 millions de livres [242 millions d'euros].
Selon le dernier audit des dépenses américaines, la sécurité a englouti 34 % des 21 milliards de dollars [15,5 milliards d'euros] affectés à la reconstruction de l'Irak. Les coûts de sécurité
représentent en moyenne 12 % de chaque contrat de reconstruction.
David Pallister
site de Garda World
Le Monde du 04 Avril 2007 :
article de Yves Eudes avec un interview de John Geddes :
République tchèque, novembre 2006. Le club de tir de la petite ville de Jelen, construit dans une forêt à une heure de Prague, est fermé au public pour quelques
jours. Il a été loué par la société britannique Ronin Concept, spécialisée dans la formation d'agents de sécurité armés et de "PSD" (personal security detail, gardes du corps), opérant
en zone de conflit. Dans une clairière entourée de hauts talus, quinze hommes âgés de 25 à 50 ans s'entraînent au maniement d'armes et à la conduite automobile en situation extrême, c'est-à-dire
sous le feu ennemi. Les exercices se font à balles réelles.
La formation, qui coûte 3 700 livres (5 500 euros) et dure quatre semaines, est assurée par John Geddes, patron de Ronin Concept et ancien officier des SAS, les
commandos d'élite de l'armée britannique. M. Geddes, 52 ans, a quitté l'armée après vingt-trois années mouvementées, et s'est aussitôt reconverti dans le secteur en pleine expansion des sociétés
militaires privées. Avant de devenir formateur, il a fait plusieurs séjours en Irak en tant que garde armé, pour protéger des équipes de télévision et des hommes d'affaires.
Les cours théoriques ont lieu en Grande-Bretagne, mais la loi britannique interdit aux civils de manier des armes automatiques. Pour la dernière partie du stage,
M. Geddes doit donc transporter ses élèves en République tchèque, où les règles en la matière sont beaucoup plus souples. Aujourd'hui, ils apprennent à repousser l'attaque d'un convoi banalisé
transportant un VIP : un scénario inspiré de la guerre d'Irak, mais qu'on retrouve, avec des variantes, dans différents pays du monde. Dès que l'assaut fictif se déclenche, les stagiaires
contre-attaquent méthodiquement : les tireurs sautent des voitures et abattent les silhouettes en contreplaqué autour de la clairière, les chauffeurs manoeuvrent en position défensive, les gardes
du corps extraient leur client du véhicule touché et le transfèrent dans un autre.
S'il ne reste qu'une voiture en état de marche, les gardes du corps s'en emparent pour mettre le client à l'abri en abandonnant les tireurs, qui devront rejoindre
la base par leurs propres moyens : "C'est pour ça que ce boulot est bien payé", explique M. Geddes en riant. Les stagiaires apprennent vite, car presque tous sont d'anciens militaires ou
policiers, aguerris et disciplinés. S'ils obtiennent le diplôme délivré par Ronin Concept, ils enverront leurs CV aux centaines de sociétés de sécurité présentes sur Internet. Les quadragénaires
rêvent d'un contrat un peu risqué, mais pas trop : protéger des puits de pétrole au Nigeria ou une mine en Amérique latine. Leur salaire s'ajoutera à leur retraite.
En revanche, les plus jeunes veulent aller en Irak ou en Afghanistan. C'est là-bas qu'ils seront les mieux payés : de 250 à 600 dollars par jour, selon le type de
travail et le niveau de risque. Garreth Miller, 30 ans, a toutes les chances de décrocher un bon contrat : ex-soldat de l'armée britannique, il a fait deux séjours en Irak, puis une mission en
Afghanistan comme éclaireur détaché auprès de l'US Army. Il vient de quitter l'armée, après seulement cinq ans : "Les officiers ont tout fait pour me convaincre de rempiler, mais les sociétés
privées proposent beaucoup plus d'argent, une vie plus confortable, et plus de liberté." Garreth pourra choisir le pays où il ira travailler, et s'il veut arrêter avant la fin de son
contrat, il lui suffit de donner deux semaines de préavis.
Cette migration vers le secteur privé est une tendance de fond : "Lors de mon dernier séjour en Irak, nous étions quarante nouvelles recrues dans notre unité.
Depuis, tous ont quitté l'armée, et 35 travaillent aujourd'hui pour des sociétés militaires. En plus, c'est l'Etat qui paie ma formation ici, au titre de la réinsertion professionnelle."
Garreth se dit prêt à repartir du jour au lendemain : "Ma fiancée aurait préféré que je reste un peu avec elle, mais si je veux fonder une famille et acheter une maison, quelques années dans
le privé suffiront."
Il travaillerait volontiers pour une société américaine, où les salaires sont les plus élevés.
Son coéquipier Paul Palmer, 25 ans, grand, fort et tatoué, a passé cinq ans dans la police militaire britannique. Il n'est pas allé en Irak, mais il en a très
envie : "J'ai quitté l'armée et je me suis installé à Cardiff, chez ma fiancée. Mais un beau matin, elle m'a quitté. Je ne savais plus quoi faire : retourner vivre chez ma mère à Londres ? La
honte. En fait, je m'aperçois que j'ai besoin de mener une vie excitante, j'aime trop l'action." Dès la fin de son stage, Paul Palmer a été embauché par la société Control Risk Group (CRG).
Aujourd'hui, il travaille à Bagdad, dans une équipe composée d'Anglais, d'Australiens et de Néo-Zélandais chargée de la protection d'un diplomate britannique, et gagne 7 000 dollars (5 300 euros
net) par mois. Il correspond avec le monde extérieur par Internet : "J'habite dans la "zone verte", censée être l'endroit le plus sûr de Bagdad, mais en fait, il y a des kidnappings à
l'intérieur, et un soldat américain a été abattu ici il y a deux jours. (...) Je vis dans un camp réservé au personnel de notre société, dans une chambre à deux lits, avec des sanitaires
communs. Ce serait horrible pour un civil ordinaire, mais en tant qu'ancien soldat, j'y suis habitué. (...) L'entrée du camp est gardée par des Irakiens, mais on nous a dit de ne jamais
leur faire confiance, et même de les surveiller. Nous sommes armés en permanence, même la nuit nous dormons avec nos fusils chargés."
L'employeur de Paul Palmer, CRG, est la plus grande société de sécurité britannique. Fondée il y a trente ans par trois anciens SAS pour aider les compagnies
d'assurances à gérer les affaires de kidnapping, elle propose aujourd'hui aux entreprises et aux gouvernements du monde entier une gamme complète de services, allant de la protection rapprochée à
la sécurité informatique. Elle a plus de 700 employés permanents, dont 300 dans ses locaux londoniens, et 18 bureaux répartis sur tous les continents. Depuis 2003, CRG fournit aussi des PSD
armés.
Richard Fenning, directeur général, se souvient de la folle période des débuts de la guerre en Irak : "Juste après l'invasion, des milliers d'étrangers sont
arrivés pour participer à la reconstruction. Mais l'insurrection a très vite pris de l'ampleur, ils ont compris qu'ils avaient besoin de protection, et se sont tournés vers les armées de la
coalition. Or, les officiers ont refusé de leur fournir des gardes du corps : ils n'avaient pas assez d'effectifs et savaient qu'ils ne recevraient pas de renforts. En réalité, les soldats
étaient occupés à mener une guerre qui n'était pas censée exister. Alors, les entreprises ont décidé de s'occuper elles-mêmes de leur sûreté. Un énorme marché s'est créé du jour au
lendemain."
Puis les gouvernements de la coalition se sont aperçus qu'ils n'avaient même pas assez de soldats pour assurer la sécurité de leurs propres diplomates : "Ils
ont dû lancer discrètement des appels d'offres auprès du secteur privé,raconte M. Fenning. C'est comme ça que nous avons obtenu le contrat de protection des membres du Foreign Office en
Irak et à Kaboul. C'est une vraie révolution dans les moeurs de l'administration, qui aura des conséquences durables sur la conduite des guerres à venir."
A lui seul, le département d'Etat américain a dégagé un budget de 1 milliard de dollars sur cinq ans pour la protection de son personnel et de certains dignitaires
étrangers. Cette demande inédite a aussitôt suscité des vocations. D'anciens militaires et des aventuriers ont monté des petites sociétés dans l'improvisation et embauché des agents à la va-vite.
Pour réduire les coûts de main-d'oeuvre, certains sont allés chercher des soldats à la retraite en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Quelques entrepreneurs ont fait fortune à toute vitesse :
à elle seule, la société américaine Blackwater a touché du gouvernement fédéral plus de 570 millions de dollars en cinq ans. Sa concurrente Triple Canopy, créée en 2003 par trois personnes,
figurait trois ans plus tard sur la liste des 100 plus grosses entreprises de la région de Washington. Pour un client individuel - homme d'affaires ou journaliste -, une équipe de protection
rapprochée peut coûter jusqu'à 6 500 dollars par jour.
Désormais, les Etats-Unis comptent sur les sociétés privées pour sécuriser les aéroports, les infrastructures, la "zone verte" de Bagdad, et même certaines bases
militaires qui manquent de sentinelles. La frontière entre les missions défensives des agents privés et les opérations de combat des soldats s'estompe, car, face aux insurgés, les deux groupes
s'entraident parfois. Blackwater, qui compte à elle seule près d'un millier d'employés en Irak, a déployé des véhicules blindés, des avions et des hélicoptères.
En fait, ces sociétés accomplissent en sous-traitance un ensemble de missions essentielles au fonctionnement de l'armée, allant des télécoms aux interrogatoires de
prisonniers. Le Pentagone s'est déjà adapté en inventant le concept de "force totale", qui inclut les soldats d'active, les réservistes, les fonctionnaires civils de défense et enfin les privés,
dont le rôle devrait encore s'accroître à l'avenir. Fin 2006, on comptait en Irak plus de 180 sociétés de sécurité employant environ 48 000 personnes, dont la majorité accomplissaient des
missions paramilitaires. Les Britanniques sont plusieurs milliers - presque aussi nombreux que les soldats de l'armée régulière de Sa Majesté.
Autre avantage des privés : tout le monde semble indifférent à leur sort. John Geddes, qui, entre deux séances d'entraînement, réfléchit au devenir de sa
profession, est sans illusions sur l'attitude des gouvernements à son égard : "Ils savent exactement ce que nous faisons mais, si un jour une de nos opérations tourne mal, ils pourront dire
qu'ils n'étaient pas au courant. Quand des soldats se font tuer, les médias en parlent, l'opinion s'émeut. Mais quand ce sont des agents privés qui meurent au combat, ça passe plus facilement
inaperçu. Et si les gens en entendent parler, ils se disent qu'ils l'ont bien cherché, qu'ils se battaient uniquement pour de l'argent." Selon les statistiques publiées par le ministère du
travail à Washington, au moins 770 agents de sécurité étrangers ont été tués en Irak entre 2003 et 2006, et près de 7 800 ont été blessés.
Cela dit, l'Irak est une opportunité commerciale qui ne durera pas éternellement. Paradoxalement, l'aggravation extrême de la violence dans le pays a fait chuter
la demande pour certaines missions comme les escortes armées : la reconstruction est abandonnée, les officiels étrangers réduisent leurs déplacements au strict nécessaire. La contraction de ce
segment du marché a des conséquences sociales inattendues : lors du renouvellement d'un de ses contrats, CRG a dû baisser ses tarifs, et a décidé de répercuter ce manque à gagner sur les salaires
de ses employés. Ces derniers ont protesté et ont lancé une série d'actions revendicatives, menaçant de faire grève en plein Bagdad, avant d'obtenir un compromis.
Pour assurer leur avenir, les sociétés militaires tentent déjà de diversifier leur clientèle et leurs services en adoptant le business model des sociétés
de sécurité classiques. Elles prospectent toutes les régions à risque, surtout en Afrique et en Amérique latine - le créneau le plus lucratif étant le conseil auprès de gouvernements alliés des
Etats-Unis. Pour beaucoup, la période héroïque s'achève : par le jeu des fusions et prises de participation, elles ont été englobées dans des groupes industriels qui vendent des armes, des
équipements et des services à l'armée américaine depuis des décennies. D'autres sont passées sous le contrôle d'investisseurs financiers.
Certaines opèrent à présent sur le territoire américain. En septembre 2005, après le passage de l'ouragan Katrina, Blackwater a décidé, sans consulter personne, de
remplacer la police locale défaillante en envoyant des commandos armés pour chasser les pillards des rues de La Nouvelle-Orléans. Cette initiative lui permit par la suite de décrocher une cascade
de contrats publics et privés. Blackwater possède par ailleurs aux Etats-Unis deux camps d'entraînement qui accueillent des unités de l'armée régulière.
Pour l'avenir, John Geddes estime que le prochain grand marché sera le maintien de la paix sous l'égide des Nations unies : "Les sociétés militaires privées
vont remplacer les casques bleus, c'est inévitable, car le système actuel ne fonctionne pas. D'une part, les contingents envoyés par les pays démocratiques sont englués dans des considérations
politiques et éthiques qui paralysent leur action. Et d'autre part, quand on demande aux pays sous-développés de fournir des contingents, ils n'envoient pas leurs meilleures troupes, loin de
là." Il a souvent côtoyé les casques bleus au cours de sa longue carrière, et affirme que, partout, leur comportement est déplorable : "Nous serons moins chers et plus efficaces. Je suis
sûr qu'une petite armée privée bien équipée pourrait stopper rapidement les massacres au Darfour." Sur le plan éthique, les privés ne sont pas des anges, mais ils ne sont pas pires que les
soldats de nombreux pays : "On virera les mauvais, on gardera les bons, ce qu'une armée ne peut pas faire." Et, tant que les salaires resteront élevés, il n'y aura pas de pénurie de
main-d'oeuvre.
John Geddes
sa société
Ronin
Concept
Une tenue "contractor" ?
Au début du conflit en Irak, les contractors n'ayant pas le droit de porter une tenue militaire ressemblant à celles portées par les membres de la Coalition, ils utilisaient donc des
camouflages non officiel comme le Tiger Stripe desert.
Depuis fin 2005, les mercenaires n'ont plus le droit de porter des tenues camouflées, ils sont obligé d'évoluer en civil.
L'équipement était et reste toujours d'origine américaine, on voit beaucoup de gilet modulable avec un holster à la poitrine. Au niveau de l'armement, les plus riches utilisent des fusils
armalite et des pistolets-mitrailleur HK mais les SMP fournissent généralement des AK qui sont très répandues.
John Geddes dans
Autoroute de l'Enfer précise qu'il utilise
une AK47 et lors de notre rencontre avec
Duncan Falconer , il nous a aussi affirmé sa large utilisation en Irak.
Irak, date inconnue, contractors anglais non identifiés vu sur le site de
Tiger Stripes :
Lieu et date inconnus, photos trouvés sur le site d'équipement : AQUITY
Special forces Kit Store :
Lieu et date inconnus source forum airsoft :
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