Samedi 30 octobre 2010
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Le SAS accomplit un raid en Serbie
Un accusé de crimes de guerre pris dans sa cache dans la montagne, par Tom Walker, The Times, 11 novembre 1998
Des sources diplomatiques occidentales confirment qu'un accusé de crimes de guerre arrêté en Bosnie en septembre a en réalité été capturé par des soldats du SAS à l'intérieur de la Serbie. La
mission d'enlèvement la plus audacieuse du Régiment envoie un avertissement clair au président Milosevic que son pays n'est plus un refuge pour ceux recherchés pour être jugés à la Haye.
Stevan Todorovic, accusé d'une série de crimes contre des Musulmans et des Croates en 1992, fut livré par l'OTAN au tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie le 27 septembre.
L'information donnée par la force de stabilisation [SFOR] menée par l'OTAN à Sarajevo était qu'il avait été arrêté par des troupes américaines dans le nord de la Bosnie. Peu après, la presse
serbe cita des membres de la famille selon lequels monsieur Todorovic avait été capturé dans un chalet dans la région reculée de Zlatibor dans l'ouest de la Serbie, à environ 50 miles [80 km,
NdT] de la rivière Drina qui marque la frontière avec la Bosnie.
Malgré les démentis de l'OTAN, l'histoire a persisté. Des sources américaines en Serbie admettent que leurs unités d'élite Delta furent impliquées dans une opération qui avait franchi la Drina.
Maintenant une autre source occidentale a révélé que le SAS avait pénétré jusqu'au brumeux plateau de Zlatibor.
« C'était une mission classique. Ils ne l'admettrons jamais d'eux-mêmes, mais elle sortira probablement un jour dans un livre, » dit la source. « Ce n'est pas une mauvaise chose que les gens
sachent que c'était le travail du SAS. C'est délibérément pour effrayer Milosevic - c'est cette politique maintenant. »
On croit que plusieurs personnes recherchées par la Haye pour des crimes commis en Bosnie vivent en Serbie. Elles comprennent le général Ratko Mladic, le commandant militaire bosno-serbe tenu
pour responsable du massacre de Srebrenica. Certains observateurs croient que le raid de Zlatibor était un test. Des membres furieux de la famille de monsieur Todorovic ont dit au Times qu'on
avait trainé l'ancien policier hors de son chalet, qu'on l'avait bâillonné, qu'on lui avait bandé les yeux et qu'on l'avait battu, avant de le charger dans un break noir et de le conduire de
l'autre côté de la Drina.
Monsieur Todorovic, 41 ans, a dit à sa
soeur par téléphone depuis la Haye que l'équipe d'enlèvement s'arrêta plusieurs fois sur la route vers la frontière, probablement pour changer les plaques d'immatriculation du véhicule. On lui
fit ensuite traverser la rivière clandestinement sur un canot pneumatique, avant de l'ammener dans un hélicoptère américain à Tuzla dans la fédération musulmo-croate, puis à la capitale
néerlandaise. Il affirme qu'à Tuzla, un officier US lui dit : « Alors, vous croyiez que vous étiez en sécurité là bas, c'est ça ? »
Belgrade a systématiquement refusé de coopérer avec le tribunal de la Haye, et a refusé la semaine dernière un visa à Louise Arbour, son procureur en chef, qui voulait visiter le Kosovo.
Des membres de la famille de monsieur Todorovic ont dit qu'ils l'avaient aidé à s'abriter après que des unités SAS basées en Republika Srpska [République serbe de Bosnie, NdT] aient commencé à
sévir contre des criminels de guerre présumés, tuant un suspect et arrêtant un autre à Prijedor. La chalet du fugitif était décoré d'icônes religieuses orthodoxes et de calendriers de filles et
de voitures de course. Le chalet, à 1000 mètres d'altitude, est couvert de neige pendant trois mois de l'année. Des parents disent aussi que les hommes masqués qui se sont emparés de lui
parlaient avec les accents de Belgrade et du nord de la Serbie, et affirment qu'ils étaient restés en planque autour de chalet pendant plusieurs jours, pendant lesquels les papiers d'identité de
monsieur Todorovic furent volés dans une voiture. « Nous l'aimions et nous veillions sur lui, » dit l'un. « Comment l'un d'entre nous peut se sentir en sécurité après ça ? »
Un homme âgé qui vit à côté du chalet de monsieur Todorovic dit qu'il s'est battu pendant la Seconde Guerre mondiale avec Fitzroy Maclean, l'agent britannique qui fut parachuté en Serbie pour
aider les partisans de Tito. « Comment nos anciens alliés peuvent-ils faire une telle chose ? » demande-t-il.
La source occidentale dit : « Les gars deviennent vraiment bons, et ils ont toute une liste d'options en Yougoslavie. Beaucoup d'entre eux parlent désormais couramment le Serbe et ils connaissent
plutôt bien le terrain. »
Monsieur Todorovic, qui travaillait dans la ville de Bosanski Samac du nord de la Bosnie, est inculpé pour meurtre, viol et torture.
Source : Tom Walker, The Times, 11 novembre 1998
Mise à jour : Stevan Todorovic a été jugé coupable de persécutions le 31 juillet 2001 et condamné à dix ans de prison.
Article associé : Arrestation d'un général Serbe décembre 2000.
"comment l'un d'entre nous peut-il se sentir en sécurité après ça?"
Cette phrase résume à elle seule les capacités de renseignement et d'action des FS britanniques.
Well done, lads!