PRESENTATION

Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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Images aléatoires

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MILSIM

Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 18:24

 Situation :

Le QG d’un groupe ennemi a été localisé dans une forêt isolée et notre autorité a perdu contact avec son agent infiltré. Les dernières photo-satellites montrent une forte activité humaine autour de cette bâtisse. Deux équipes seront déposées sur zone dans la nuit de Vendredi au Samedi avec pour mission d’observer la maison durant toute la journée avant d’être récupéré dans la nuit du Samedi au Dimanche pour rendre compte.


Equipes : Trois SAS12 indicatif Lynx Trois Rapas40 indicatif Tapia

Ami : un agent infiltré non identifié.

Ennemi : nombre inconnu, les photos satellite montre des patrouilles régulières de deux hommes.


Vendredi :
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Briefing avant dépose, Lynx est déposé à l’Ouest à 8km à vol d’oiseau de l’objectif, Tapia à la même distance mais plein Sud. Les deux équipes doivent faire leur jonction samedi à 0600 à 500 mètres au Sud de l’objectif puis établir un PO. En cas de retard d’une équipe, la mission est prioritaire donc la première arrivée s’installe en observation.


Samedi

0100 : dépose de Lynx.

Je suis chef de patrouille et j’appréhendai franchement cette sortie pour deux raisons :

Le ciel : Lune noire+nuages cachant les étoiles=visibilité zéro.

Le terrain : Lorsque j’ai reçu des scans de mauvaises qualités de la carte 1 /25000ème du secteur, j’ai appelé le Gentil Organisateur pour lui demander de m’envoyer une carte neuve originale, il me répond : « la dernière impression a dix ans, il y a eu beaucoup de changement, ne compte pas sur les chemins forestiers indiqués, ils ont disparu à cause des travaux, de toute façon, la foret a elle aussi plus ou moins disparu».

J’ai quand même préparé mon axe de progression au préalable en sachant qu’une fois sur place je risquais de devoir improviser. La carte est encodée et les points de jalonnement fixés pour le briefing.

Les SAS12 sont donc largué individuellement en  « Blind » sur un axe Sud-Nord, un point de regroupement avait été établi et je suis déposé en dernier par pur hasard à proximité de ce point, au moment de sortir, le pilote qui avait organisé ses dépose plusieurs jours avant, ayant entendu notre briefing et sachant maintenant que mon lieu de dépose est à proximité du point de regroupement me dit amicalement « tu me diras Dimanche où je t’ai posé ».

Sachant qu’on joue énormément sur la psychologie et qu’on ne peut se fier au hasard, cette simple phrase amicale se transforme dans ma tête en « Je t’ai largué hors carte, tu vas en baver».

Je saute du véhicule et vais me jeter dans le premier buisson venu se faisant je sens mon MP5SD se rompre dans mes mains et lorsque la voiture disparaissant au loin, lorsque je me relève, mon MP5SD tombe en petit morceau autour de moi. Je récupère mon puzzle de perceuse chinoise et décide de trouver un coin discret pour l’enterrer. Je me sens seul et tout nue. Je retrouve rapidement mes deux camarades qui posent tour à tour la question à mille euros : « qu’est-ce que tu as fais de ton pistoflingue ? »

L’action psychologique a bien fonctionné et on est tous persuadé que l’on a été déposé hors carte. Le fait d’avoir explosé mon arme n’aide pas à rassembler les idées. On fait donc une longue pause, car chacun a cassé ou déchiré quelque chose durant le largage. Je rassemble mes idées et fait un point topo qui confirme que nous sommes bien à l’endroit où l’on devait être déposé.


0135 : La patrouille se met en marche direction plein Est. Nous faisons 500 mètres dans une nuit noire et le chemin disparait. Je décide de continuer à l’azimut brut afin de trouver un autre chemin indiqué sur la carte. Dans un enchevêtrement d‘arbres mort et de ronces, la marche devient éreintante. On avance difficilement de 500mètres et il parait clair que l’on ne passera pas en temps et en heure au travers de cette foret.

Je décide de prendre plein Nord à la recherche d’un cours d’eau car d’après nos informations il y avait un chemin d’allage sur sa berge sud. Alors que l’on marche péniblement dans sa direction, il ne me vient pas à l’idée que les dernières semaines de pluie et de neige ont dut gonfler les eaux et faire sortir le fleuve de son lit. Un léger brouillard nous indique que nous sommes proches mais il est quasiment impossible de voir les eaux. J’imaginai un axe de progression simple sur un beau chemin ou alors un lit de galet qui nous permettrait de rattraper le temps mais je me retrouve simplement dans un marais. Le fleuve est sorti de son lit charriant des troncs d’arbres et de petits lacs d’eau croupie parsèment la foret. On avance donc péniblement en longeant le fleuve espérant que la foret s’ouvrira ou qu’une berge rehaussée apparaitra mais il n’en est rien.


0245 : Je repère sur la carte notre position exacte, nous sommes à un kilomètre au Nord-est de notre lieu de dépose. Il est clair que nous ne passerons pas. Je décide de rebrousser chemin pour tenter de rejoindre une ligne à haute tension situé à un kilomètre plein sud. J’espère pouvoir y trouver un chemin d’entretien.

0320 : Nous sommes sous la ligne à haute tension. Il n’y a bien entendu aucun arbre et on distingue un vaste couloir s’étalant plein Est, je veux en faire mon autoroute pour quitter cette maudite foret. A défaut d’arbres couchés et de marais, on se retrouve face à une muraille de ronces et d’arbrisseaux épineux, malgré tout notre acharnement il est impossible de passer par cette nuit noire.


0340 : Ce trajet en dent de scie du Nord au Sud sur l’axe Ouest-est nous a épuisé physiquement et moralement. Cela fait deux heures que nous peinons dans les ronces et nous n’avons progressé sur notre axe à peine plus d’un kilomètre alors que l'on a dut faire le triple. Il parait évident que la forêt est infranchissable dans ces conditions d'obscurité. Je décide donc de rejoindre notre point de dépose pour appeler la « log » par téléphone portable afin d’être récupéré.
Il y a eu tant d’heures de préparation en amont d’une OP et un long trajet en voiture après une semaine de travail que je suis abattu d’avoir à demander une évacuation. Mes compères eux semblent un peu moins affectés et s’imaginent déjà au chaud à l’arrière du diesel. Alors que nous revenons vers l'ouest, j’ai un drôle de pressentiment en voyant un petit talus, je stoppe la colonne et dépasse mon éclaireur sur sa gauche, j'escalade et une fois en haut je distingue la couleur blanchâtre d’un chemin en tout-venant qui pointe plein Est.


Je regarde l’heure, il est

0345 : Je sais que nous ne pourrons pas parcourir les huit kilomètres en deux heures mais avec un peu de chance nous pourrons arriver sur zone avant le lever du jour aux alentours de 08H00 et rejoindre Tapia sur Po pour soutenir leur position. Je trouve plusieurs points hypothétiques de récupération au Sud de notre trajet et je me dis que si à 05H00 nous n’avons pas assez avancé nous rejoindrons un d’eux pour appeler la « log » et nous faire récupérer avant le jour.

Je rejoins mon équipe pour leur annoncer que nous allons tenter notre chance sur cet axe à marche forcée. Pour les gars, la mission était annulée et ils se voyaient au chaud, ils ne partagent pas mon enthousiasme à la suite de cette annonce, mais ils se lèvent sans rien dire et se mettent en ordre de marche.

On avance donc à vive allure sur le chemin sur un axe Sud-est. Je suis censé quitter cette direction et m’enfoncer plein Est dans la foret mais il est hors de question de retenter ma chance dans ce capharnaüm à la recherche d’hypothétiques chemins. Je repère sur la carte plusieurs chemins carrossables qui pourraient nous amener à proximité de la zone mais il nous faut faire un énorme détour d’une dizaine de kilomètres plein Sud.

La perspective de ce long détour et donc d’une accélération de la marche n’enchante guère mes collègues mais tout le monde est d’accord pour éviter la forêt. On marche donc comme des traqués, je trouve toutefois plusieurs raccourcies grâce à des azimuts bruts et nous arrivons complètement épuisé à un petit kilomètre au Sud du point de jonction.


0550 Je contacte par radio Tapia. Ils sont comme nous près de la zone mais dans un labyrinthe végétal. Il me semble que nous pourrons parcourir les derniers mètres restants en une demi-heure mais je veux que mes gars se reposent pour arriver frais sur zone, j’annonce un retard de 50 minutes sur l’heure prévu. Nous sommes exténué mais le plus dur du trajet semble fait et la réception du contact radio avec Tapia est rassurante, nous ne sommes plus qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres. Assis derrière des souches, nous contemplons les derniers mètres : La foret qui s’étendait sur une pente douce a été rasé, le halo lumineux d’une ville au loin se reflète sur les nuages et éclaire faiblement cette colline dévastée. On aperçoit en haut au loin quelques arbres, ça doit être notre lieu de rendez-vous. Sur ma carte plusieurs chemins sont censés contourner cette colline mais je renonce à les chercher et décide de tenir un azimut brut. D’ici quelques minutes le cauchemar sera terminé.


0605 Nous avançons péniblement entre les souches déterrées et les branchages morts qui cachent des trous et les traces d’engins remplis d’eau et de sable. Un pied au travers des branches et on s’enfonce jusqu’au genou dans l’eau. A mi-chemin de la colline, je crois rêver : Une énorme clôture nous barre la route. Alors que l’on découvre cette barrière, des phases apparaissent derrière nous à l’endroit de notre dernier arrêt. Des forestiers viennent charger du bois grâce à d’immense camion. Ils sont loin mais il semble que leurs projecteurs ne braquent que nous. On accélère donc la marche en contournant cette maudite clôture vers notre point de rendez-vous et son couvert. Il y a de moins en moins de souches et de branchages mais le sol est très moue et une odeur de bois pourri rappelant celle du lisier de porc annoncent simplement que nous arrivons dans un marais.

A cause des forestiers et du jour qui menace, il n’y a plus moyen de faire marche arrière. L’odeur me tape à la tête, mes épaules sont en feu, je suis mouillé, épuisé, stressé par le temps qui s’écoule et les phares au loin ; j’ai envie de m’effondrer.

A milieu de cet enfer, j’entends un bruit sourd derrière moi, une sangle du sac de Vince a cédé et il a perdu une partie de son chargement dans l’eau croupie. A ce même moment, je reçois par intermittence une communication radio. J’essaye d’émettre à mon tour mais la communication est brouillée. La pression ne cesse de monter. Derrière moi, Vince patauge dans l’eau pour récupérer son chargement, devant moi Ayen mon éclaireur est figé dans la boue le regard au ciel.

Les communications radio de mon oreillette grésillent, je l’enlève car avec en plus cette odeur d’ammoniaque, ma tête va exploser. J’ai envie de hurler « Stop ! Rallumez la lumière, on recommence ».

Mais nous n’avons pas le choix, il faut nous extirper de ce marécage avant le lever du jour, cela prend de longues minutes. Le poids du sac nous déséquilibre, chaque enjambée dans la boue est un supplice.

0730 : Il nous aura fallu plus d'une heure et demie pour parcourir 500mètres mais nous arrivons enfin à faire jonction avec Tapia. Les Rapas40 semblent tous en grande forme. Nous ne l’apprendrons que Dimanche mais leur progression fut tout aussi infernale. Peut-être cachent-ils comme nous leur fatigue histoire de faire bonne figure.

0745 : Sur la carte et les photo-satellites, la demeure ennemie se trouve au creux d’une vallée avec des arbres et des fougères. Tapia assure notre couverture au moment où nous cherchons un site d’observation. Il fait encore très sombre, on ne distingue pas la demeure. Nous supposons que les ouvertures sont situées sur sa façade Sud mais la colline qui donne sur cet axe vient juste d’être déboisée. Les amas de branches et de souches fourniront une bonne cachette cependant à cause de la nudité du site il sera impossible d’effectuer des relèves. On décide donc d’enterrer l’équipe Lynx plein Sud tandis que Tapia s’installera en soutien sur les hauteurs Nord avec une mauvaise vue sur la bâtisse mais un très bon angle sur le dispositif. Entre les deux, il y a la maison et son unique chemin d’accès.

0850 : Le Po Lynx est terminé. Nous avons établi notre poste à flanc de colline entre deux arbres abbatus. La face découverte donne sur l'objectif, nous l'avons été camouflé par du remblai, des branchages et des fougères sèches. Le travail de creusement a été considérablement facilité par la nature du sol sableux et l’absence de grosses racines. Le soleil se lève, il n’y a aucun nuage, la journée semble bien se présenter. Comme l’ennemi n’a pas de moyen aérien et que la météo semble clémente, nous ne construisons pas de toit car nous préférons prendre plus de temps pour bien camoufler les traces autour du Po ; nous utilisons nos bashas pour isoler le sol en prévision d’une longue journée d’attente statique dans le froid et l’humidité. Nous venons sans le savoir, de commettre la première erreur de la journée.

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0900 : La longue marche et l’établissement frénétique de notre Po nous a lessivé. Nous sommes tout les trois allongé côte à côte face à l'objectif. Je commets la deuxième erreur, la plus grave, de la journée en n'affectant à l'observation qu'un seul pax à la place du binôme habituel. Je mets traditionnellement par écris les roulements pour toute la journée afin que chacun s'organise et règle sa montre mais là, je demande simplement à Vince qui semble le plus réveillé de prendre le premier quart puis de m'appeler dans une heure. Je règle ma montre pour sonner dans 50 minutes histoire d'avoir les idées claires pour prendre mon tour.

0930 : Un civil passe sur le chemin en direction de la maison, on ne voit pas ce qu’il fait puis il repart d’où il est arrivé.

1000 : Je prends mon premier quart. J'ai une très bonne vue sur le chemin et la cour d'entrée de l'objectif mais je n'ai pas sa façade. J'essaye de faire un plan du bâtiment mais il me manque beaucoup de données. Il n’y a aucune activité dans la maison.

1100 : Le temps est passé très vite, je réveille Ayen qui me fait mourir de rire. Le pauvre était dans un sommeil lourd, il a bavé comme un bébé. Sa salive a coulé par chaque extrémité de ses lèvres jusqu'à son menton ôtant ainsi sa crème camouflage. Son visage est noirci par la crème camo et sa peau claire apparait en deux ligne verticale à l'extrémité de ses lèvres pareille à de longues dents blanches lui donnant ainsi un air de vampire. Le tableau est parfait lorsque les yeux éblouis par le soleil, il aspire sa salive comme Nosferatu le sang de ses victimes.

1215 : Vince qui a pris son tour de guet me réveille brusquement : « homme armé sur nous ». Un soldat cagoulé sort du chemin vers notre direction mais s'arrête à mi-chemin à cause de la pente trop forte et des arbres couchés. Il observe puis reprend naturellement son chemin. Nous restons sur le qui-vive quelques minutes puis nous décidons puisque tout le monde est bien réveillé de manger ensemble. Pas question de faire du feu bien entendu, le menu est à base de charcuterie et de pain de ration.

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Dans ma tête les tours de garde sont clairs, on continue notre train train toutes les heures, je suis censé prendre mon tour à 13H00 d'ici quelques minutes. Le ciel est bleu, le soleil nous réchauffe mais je décide de me mettre dans mon sur-sac car j'ai froid. Je prends mon tour d'ici quelques minutes alors je veux profiter du peu de temps qu'il me reste pour me détendre en restant bien allongé, j'ai le même sentiment qu'à la sonnerie du réveil le matin lorsqu'on se dit : « Je profite encore des cinq dernières minutes ».

J'entends du bruit derrière nous. Vince, à ma droite, s'agite. J'ouvre péniblement les yeux, il faisait soleil lorsque je me suis assoupi, il fait maintenant plutôt sombre. Je vois le visage d'Ayen près de moi qui baigne littéralement dans une flaque.
p1160620.jpgJe regarde ma montre, il est :

1650 : Le temps a changé, le soleil nous a quitté et il pleut averse. Je vois apparaître derrière nous Hannibal en tenue civile. Cela plusieurs heures qu'il essaye d'établir contact avec nous en vain. On s'est tous endormi après le repas. La pluie qui s'est abattu sur notre position a été retenu par les bashas à terre, nous pataugeons dans une piscine.

Hannibal nous explique qu’un homme en civil est passé à 15H00 et à caché une enveloppe. Un autre individu en tenue militaire est passé la récupérer à 16H00. La demeure est déserte.

1715 : La nuit tombe doucement, je profite encore de la faible lueur pour lever le Po car on ne peut plus rien observer. On rejoint celui de Tapia plus en retrait du dispositif et donc sécurisé. Nous allons profiter du reste du temps avant notre récupération à 2200 pour aller faire des repérages autour de la bâtisse. Il y a plusieurs cours d'eau aux alentours et j'aimerai reconnaître les ponts. Cette patrouille permet aussi aux deux équipes de se familiariser aux manœuvres conjointes.

1830 : Nous rentrons sur le Po de Tapia. Il nous reste une grosse heure avant de rejoindre notre point de récupération à deux kilomètres à vol d’oiseau de la zone. Nous allons en profiter pour faire un contrôle PAMM et préparer le retour. Tapia range les affaires pendant que nous couvrons le secteur. Je fais deux va et vient vers mes camarades en faction aux extrémités du dispositif histoire de vérifier que personne ne dort mais la sieste de la journée a été réparatrice et les SAS12 « chouffent ».

1900 : Tapia prend son tour de garde. Afin de ne pas rater le rendez-vous avec la log à 2200, il est décidé que Tapia prendra la tête de la marche puisque le point de récupération était sur leur passage hier soir et il semble difficile de le trouver. Ayen et Vince sont en train de vérifier leurs affaires et de manger un peu. On enlève les pulls portés la journée en prévision de la marche. Je demande 10 minutes supplémentaires pour étudier la carte. Histoire de faire oublier notre lamentable sieste de cet après-midi, je veux prendre la tête de la colonne et amener tout le monde à bon port. Je cherche un détour afin d'éviter la zone où Tapia en a bavé la nuit précédente. Je suis fatigué, j'ai du mal à bien rassembler mes idées alors pour éviter de faire des erreurs, je demande à Vince, mon numéro 01 pour le retour d'étudier avec moi le trajet. Ayen est allongé près de nous en train de manger.

1920 : Nous sommes donc tout les deux penchés sur la carte lorsque nous entendons un cri effroyable à 200 mètres à l'Ouest de notre position. Ayen et Vince pousse leur bardat dans les fourrés et se mettent en position avec leurs armes pendant que je rassemble mes cartes et vérifie de n’avoir laissé aucun document sur place.

Nous nous mettons en ligne face à l'ouest où se trouve la maison et d'où provenait le cri. Hannibal me signale par radio qu'il lui manque un pax, celui resté justement à l'Ouest de notre position. On avance prudemment en ligne dans cette direction.

Max était installé dans les buissons à l'Ouest de notre position pour assurer la sécurité du dispositif. Il fait nuit noire et quelques gouttes tombent . Les bruits de la forêt sont difficilement identifiables et avec la fatigue, on se fait facilement des idées, dans ce genre de moment, on voit des « chats bleus ». La souche qu'il fixe depuis quelques secondes se met soudain en mouvement droit sur lui. Il s'agit d'un sanglier qui le charge. Max est donc l'auteur de ce cri effroyable mélange de peur primitive et de rage poussé naturellement pour effrayer l'animal. La chose réussit puisque ce dernier se détourne au dernier moment.

Le groupe revient au Po Tapia afin de laisser sortir le sanglier de notre dispositif. Il est de toute façon l’heure de prendre le chemin du retour.

2050 : Les SAS12 prennent la tête de la marche, je vais essayer de ne pas perdre nos amis ni rater le rendez-vous.

2130 : Nous arrivons à proximité du Point de récupération, il a été décidé que Tapia embarquerait en premier et que nous les couvririons. Nous les laissons donc à 500 mètres de l'objectif et nous partons pour sécuriser le croisement et le seul axe dans lequel s'engagera le véhicule 800 mètres au Sud. Nous pourrons ainsi prévenir Tapia qu'il s'agit du bon véhicule et sécuriser l'embarquement.

2138 : J'entends deux détonations au loin. Peut-être s’agit-il d’un fichu braconnier ? Je pense à notre sanglier, le copain de Max.

2143 : Nous arrivons au croisement où l'on commence à se déployer lorsque je reçois une communication radio de mauvaise qualité. Je ne m'inquiète pas outre mesure, ça doit être le pilote qui approche en voiture et s'annonce.

2145 : Nous voyons des phares derrière nous sur le point de récupération. Le pilote était en avance et il doit rentrer avec son premier chargement. Je reçois de nouveau une mauvaise communication, je ne reconnais pas le voix d'Hannibal. Je contacte Tapia pour confirmation :

- « Tapia de Lynx, voiture en provenance du Point Récupération s'engage vers nous, confirmez embarquement. »

- « -Voix essoufflées- Tapia tombé dans embuscade, décrochons sur Palace 03 (notre dernier point de regroupement), un blessé. » 
Il est tentant de stopper la voiture qui approche pour détruire l'ennemi et récupérer le véhicule pour l'évacuation du blessé mais nous ne devons pas faire de vagues. Il est de plus aujourd’hui scientifiquement reconnu que des billes de 6mm pour 0.25gr ne stoppent pas un véhicule même une Citroën.

Tapis derrière des rondins de bois, nous laissons donc passer la voiture qui roule à toute vitesse.

Je laisse Vince au croisement avec nos sacs et je fonce avec son M4A1 accompagné par Ayen sur Palace 03.

22H00 Après les vérifications d’usage, nous faisons jonction avec Tapia. Max est en train de mettre le bras de Wanted en écharpe. Hannibal m'explique qu'en approchant du point de récupération, ils ont été grenadés. Wanted a été touché au bras par un éclat, il joue donc le blessé.

La récupération a été annulée, nous l'avons reporté d'une heure et demie sur un secteur à 1500 mètres au Sud-Est du croisement où nous attend Vince.

Nous progressons en tiroir avec grande prudence, Tapia avec son blessé nous suit par bond de 500 mètres.

23h30 : Lynx arrive sur le second Point de Récupération. Nous voyons clairement la voiture au milieu d'une clairière, moteur et feux éteints. Il n'y a pas de liaison radio possible avec le pilote. Nous laissons donc les sacs derrière nous. Hannibal m'a prêté son PA et avec Ayen nous contournons le véhicule. Vince reste en face pour lui barrer l'unique sortie de la clairière. On avance en rampant sous les souches autour du véhicule afin de vérifier qu'il n'y a pas de tireurs embusqués. Arrivés derrière la voiture, il n'y a aucun bruit. A hauteur de portière, j'aperçois le chauffeur et il est seul, un G36 à la main.

Au top signal Vince fait mouvement face à la voiture histoire d'attirer le regard du chauffeur, au même moment, je balance un coup de surefire pleine face alors qu'Ayen ouvre la portière et attrape le chauffeur par le bras. Une fois à terre, je commence à le fouiller méticuleusement, Ayen a saisi son G36 et Vince assure notre couverture.

Allongé dans la boue, mes genoux sur ses cuisses, le pilote confirme son identité.

J'annonce la situation à la radio, Tapia s’engage sur la dernière portion du chemin.

Nous aidons le chauffeur à se relever, crème camo sur la gueule et smock trempée, on dénote avec ce dernier. Mon coup de lampe avait révélé les plis et la brillance caractéristique du treillis impeccablement repassé.

Histoire de détendre l'atmosphère, je lance au pilote qui s’ébroue :

«-Beau treillis.»

«-Je l'ai sorti pour l'occasion. »

Hannibal confirme qu'il s'agit bien de notre chauffeur et de sa voiture. Il n'était pas prévu qu'on lui tombe ainsi dessus, le pauvre s'était même endormi en nous attendant, le réveil fut donc violent. Il s'avèrera que c'est la deuxième fois pour lui que nous lui tombons ainsi dessus. Notre ami jouait untrafiquant d’armes lors d’une Op précédente.

2340 : Tapia embarque rapidement avec son blessé.

0010 : Lynx embarque sans problème.

0030 Débriefing à chaud du groupe dans une maison en ruine sur propriété privée, nous sommes aux courants d’air mais à l’abri de la pluie. Lampe frontale sur la tête, cartes et bloc-note sur les genoux, les chefs de patrouille expliquent leurs marches d’approche de la veille. Ensuite la journée d’observation et le décrochage sont analysés, les erreurs commises sont décryptées et enregistrées. Chacun prend ensuite la parole à tour de rôle pour exprimer son ressenti à chaud.

La difficulté principale a été la marche d’approche non à cause des kilomètres parcourus mais par le fait d’avoir perdu du temps et de l’énergie à trouver des chemins inexistants dans l’obscurité. Le second problème que nous connaissions déjà fut l’établissement d’un Po dans le court laps de temps des premières lueurs du jour. Combinée à une longue marche d’approche et un état de fatigue conséquent, l’installation du Po est toujours laborieuse. Nous réfléchissons donc pour la prochaine fois à faire des marches d’approches moins lourdes pour « avaler » des kilomètres au retour.

Au final le résultat de cette mission est mitigé.

Les deux équipes ont rejoins l’objectif avec beaucoup de retard. Le Po Lynx a mal fonctionné et n’a pas collecté suffisamment de renseignements. On sait toutefois grâce à Tapia que la maison est inhabitée et qu’elle sert simplement de BLM. Nous n’avons pu prendre en photo aucune personne présente ni identifier notre agent infiltré. Nous n’arrivons pas à expliquer l’embuscade.
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0115 Finex, nous allons maintenant pouvoir parler de toutes les anecdotes rigolotes mais avant on s’affaire pour étendre les affaires mouillés et isoler ainsi les ouvertures. Il faut aussi trouver du bois pour faire un bon feu. Pas besoin de commander, ce qui est avec agréable avec les personnes présentes c’est que chacun prend rapidement des initiatives, les équipes se mélangent autour de leaders improvisés et la demeure est rapidement  aménagée. Les bashas sont étendus aux fenêtres, une table mise et le feu crépite, nous allons enfin pouvoir manger chaud. Les Rapas40 n’ont rien mangé du week-end et par peur d’une mauvaise digestion à cause du froid j’ai sauté mon repas le vendredi soir. On a tous l’estomac au fond des talons sauf Ayen et Vince que je soupçonne de manger en un clin d’œil des boites de tripoux froides au lieu de chouffer lorsque je fais mes points topo …

L’odeur acre des pastilles de réchaud emplie la pièce, les ombres dansent sur un vieux crépi blanc et des éclats de rires éclatent. Max bien entendu se fait charrier à cause de sa mésaventure avec le sanglier, un autre (dont je préserve l’identité) parce qu’il a vomi sa bile entre deux communications radio. C’est ensuite bien entendu notre tour; Heureusement pour nous, Hannibal n’avait pas d’appareil photo sur lui lorsqu’il nous a trouvé en train de roupiller sous la pluie mais je pense qu’on va encore entendre longtemps l’histoire des trois cadavres qui ronflent dans la boue.

02H00-10H00 Comme d’accoutumé, nous réalisons nos huit heures de sommeil pour être frais à affronter la longue route du retour et une semaine de travail. Les affaires sont sèches et rangées, il va falloir encore consacrer du temps au domicile pour enlever la boue, le sable et conditionner le tout pour Février.

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11H30 Avant de « décoller », les Rapas40 nous font l’agréable surprise de préparer un barbecue avec des spécialités du coin. Ayen et Vince en fins connaisseurs savourent la viande de porcs et nous terminons le repas par une bonne galette car qui sont les rois ?

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Je remercie chaleureusement les Rapas40 pour avoir organisé cette belle sortie et ce barbecue mémorable avec une pensée amicale pour notre « pilote ». Il faut aussi remercier même s’ils ne nous lisent pas Monsieur le Maire et son équipe municipale.

Par MENATOR - Publié dans : MILSIM - Ecrire un commentaire - Voir les 28 commentaires
Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 10:41

L’entraînement de Décembre sous les premières neiges avait pour thème le camouflage.

1209-entrainement 1173
La séance a commencé avec une revue de paquetage afin de vérifier que tout le monde était prêt à affronter l’hiver et le cas échéant, orienter au mieux les achats de Noel. Chacun présente son emport partageant ainsi expérience et astuces.
1209-entrainement 114434 decembre noir
31 decembre noir
Adrien nous explique sa méthode confidentielle de bivouac tactique ultra léger mis au point après plusieurs années d’expérience dans la brume humide des lendemains froids et désenchantés de fêtes votives aveyronnaise (des stages peuvent être organisés à partir de la Saint Jean 2010).


Tout le monde, ou presque donc, est convenablement équipé pour affronter le froid, les kits et procédures sont harmonisés et la petite troupe est homogène. Je souligne ici l’effort financier des recrues pour se mettre rapidement à niveau sur l’équipement, le matériel radio et les répliques.


L’exercice avait pour but d’enterrer un groupe de six individus sur une semaine voir plus afin d’observer une grange isolée.

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Nous avons donc établi un PO semi enterré à flanc d’une colline peu boisée mais parsemée de ronces et fougères. A 1500 mètres de la cible, avec la monoculaire X60, un poste bien isolé au sol et convenablement camouflé, le travail semble facile… pour 24 heures de jeu, on a donc une pensée pour les hommes qui restent des semaines dans la froid et l’insécurité. Le seul problème reste les traces de passages sur les feuilles mortes lors des changements de quarts.

1209-entrainement 1151
La zone de vie semi-enterrée assez vaste pour accueillir quatre individus au sec et l’équipement de six a posé un peu plus de soucis mais tout le monde et Koursk en particulier a pris un grand plaisir à patauger dans la boue gelée. Le volume de terre à évacuer était conséquent, nous avions pour nous, une barrière de ronces et de broussailles pour la stocker. La météo annonçait des chutes importantes de neige pour la semaine, il fallait donc construire une toiture de basha supportant le poids de la neige. On a donc utilisé des pieux pour tendre l’édifice au maximum et l’enfonçage de ces derniers a posé des soucis de discrétion.

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Un PO secondaire installé en hauteur sur notre flanc servait grâce à la vue d’ensemble à protéger l’ensemble de notre secteur.


La journée a permis de corriger des erreurs mais le travail a soulevé de nouveaux problèmes dont nous trouverons sûrement la solution lors de la prochaine journée de mise en pratique.

 

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 11:47
Faute de grives on mange des merles.
Notre sortie "opérationnelle" bi-mensuelle est tombée à l'eau au dernier moment, un cauchemard d'organisateur que je ne croyais plus revivre.
C'était un Vendredi 13.
Les grands ennuis des années précédents sont ressurgis du passé : annulation de dernière minute, casse de matériel, système radio défaillant, trouble de l'érection ...
Malgré tout, nous avons mis à profit notre temps pour "driller" (je ne sais pas si ça se dit).
Au programme :
Révision des exercices d'Octobre dernier et survol du prochain entrainement de Décembre.
Un peu de patrouille donc et du camouflage surtout.
On a travaillé le bivouac tactique avec les nouveaux et réalisé un PO en lisière de forêt :
(Au centre sur la photo, ça sert en quelque sorte d'illustration, le rendu est difficilement percevable sur photo et faussé en plus par la lumière en contre-jour) :

Nous avons pu utiliser les premiers achats faits à partir de la caisse commune du groupe à savoir : 
Monoculaire d'observation X60, grillage à poule et filet cam individuel.
(photo au premier plan à coté de Nono et Frog)

Je n'ai pas eu le temps de prendre plus de photos.
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