Vendredi 11 février 2011
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23:03
Comme tout ce qui suscite de grandes attentes, parfois nous sommes déçus par le résultat. C’est mon cas pour le film « Les chemins de la liberté ».
Beaucoup d’attente pourquoi ?
Tout d’abord parce qu’il s’agit de l’adaptation du fabuleux livre de Slamovir Rawicz« A marche forcée », un témoignage exceptionnel sur les évadés du goulag.
Deuxièmement parce que cette adaptation est dirigé par un de mes réalisateurs favoris, monsieur Peter Weir, franchement on ne pouvait rêver
mieux que lui pour filmer les épreuves de ces hommes après sa parfaite adaptation de l’œuvre de Patrick O’brian !
Peter Weir a réalisé quelque chose d’intelligent, au lieu de soulever la polémique en adapté directement le livre dont la véracité a été
régulièrement remise en question, il s’est librement inspiré de ce témoignage en dépeignant un groupe de prisonniers s’échappant du goulag et suivant l’Axe du Loup. Je reprends le titre du livre
exceptionnel de Sylvain Tesson qui, marchant sur les pas de Rawicz, a trouvé des témoignages du passage de plusieurs évadés. S’il n’a pu apporter la preuve de la véracité de « A marche
forée », il a prouvé que des prisonniers s’étaient évadés durant le siècle rouge et avaient marché dans ces zones hostiles.
Maintenant c’est là où à mes yeux le bât blesse, le scénario est bancal, il marche une fois sur la transcription du témoignage et l’autre fois
dans la fantaisie. J’aurai préféré une adaptation rigoureuse ou à l’inverse un scénario plus original inspiré des évadés du Goulag mais je suis déçu pour le mélange des deux.
Seconde critique : les décors.
Quand on affiche le parrainage du National Geographic dans le générique et que dans le passé on a réussi à tourner dans des lieux aussi
exceptionnels que l’Ile des Galápagos (une première) pour le chef d’œuvre Master and Commander, on ne nous vend pas le Bulgarie et le Maroc, des lieux de tournages classiques. J’aurai vraiment
voulu admirer sur grand écran le Baïkal et le désert de Gobi.
Les images sont belles mais il manque une musique qu’on aimerait écouter dans sa voiture en roulant dans la Vallée du Tarn. La bande son
manque d’originalité et de souffle épique.
Au final, seuls les acteurs tirent leur épingle du jeu, Jim Sturgess est rafraichissant et traduit parfaitement 60 ans de
souffrance polonaise. Ed Harris et Colin Farrell s’en sortent très bien comme souvent avec eux.
Au final, je pense que ce film donnera envie de lire le chef d’œuvre de Rawicz à certain, personnellement je m’en vais revoir Master and
Commander.
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